NORMANDIE, RENDEZ-VOUS MONDIAL DU CHEVAL EN 2014
Les
nouvelles concernant la Normandie ne sont pas si florissantes pour que
nous boudions notre plaisir d'apprendre que les 35 membres de la
Fédération Equestre Internationale, présidée par la princesse Hayat
Bint Al-Hussein, avaient choisi la Normandie pour l'organisation, en
2014, des Jeux Equestres Mondiaux.
En alternance avec les
compétitions équestres des Jeux Olympiques, les Jeux Equestres Mondiaux
ont lieu, depuis 1990, tous les quatre ans. Ils comportent plus
d'épreuves que les Jeux Olympiques, puisqu'aux jumping, dressage,
concours complet, équitation paralympique, les Jeux Equestres Mondiaux
accueillent huit disciplines : le concours de saut d'obstacles, le
dressage, le concours complet (trois épreuves sur trois jours),
l'attelage, l'endurance, la voltige, l'équitation western ou reining et
une épreuve paralympique. Autant dire qu'en matière équestre, les Jeux
de 2014 seront le rendez-vous suprême des sports où le cheval est roi.
Le
« poids » d'un tel événement fait rêver : au moins 500 000 spectateurs
sur deux semaines, 800 cavaliers, près de 900 chevaux, 1 700 employés
et bénévoles, 1 200 journalistes, 300 photographes et... 460 millions
de téléspectateurs ! Inutile de préciser que tous les haras de
Normandie seront sollicités pour recevoir ces chevaux-champions, que
tous les hôtels à deux cents kilomètres à la ronde seront pris
d'assaut, qu'une logistique impressionnante sera organisée (transports
et alimentation des animaux, dessertes ferroviaires spéciales, etc.).
Ce sera la fête du cheval, mais aussi la fête de la Normandie.
La
France n'a jamais eu l'honneur d'organiser ces Jeux Equestres Mondiaux
: successivement Stockholm, La Haye, Rome, Jerez de la Frontera,
Aix-la-Chapelle, Lexington auront connu cette compétition. Que Caen et
la Normandie soient choisies représente donc une formidable
reconnaissance de la vocation équine de la Région, où, d'ailleurs, a
été identifié un Pôle de Compétitivité lié à l'élevage chevalin.
Que représente la filière équine en Normandie ?
Selon
Agriscopie, panorama de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en
Normandie (livraison de mars 2008), la Normandie est le pays du cheval
par excellence : 50 % des chevaux de courses français (pur sang et
trotteur), 1/3 des immatriculations nationales des chevaux de sang.
Deux Haras Nationaux se trouvent en Normandie : le Haras du Pin, celui
de Saint-Lô. Et Deauville est l'une des premières places mondiales du
marché des pur-sang et trotteurs : la vente des yearlings y attirent
les acheteurs du monde entier. On ne compte plus les grands champions
qui y ont vu le jour : Général du Pommeau, Cocktail Jet, Offshore
Dream, Sagamix, Jag de Belhouet, Baloubet du Rouet...
Le cheptel
équin normand représente 13 % de l'effectif national en « Basse
»-Normandie (58 000 équidés), 3 % en « Haute »-Normandie (14 500
têtes). Au total, la Normandie, c'est 16 % de l'élevage chevalin
français, de loin la première région de France de cette branche de
l'élevage. On estime à 70 000 le nombre de salariés directement ou
indirectement impliqués dans l'élevage chevalin normand.
Chaque
département normand cultive ses spécialités, le tout formant un
ensemble tout à fait performant et plein de perspectives de
développement. Le Calvados est à la pointe de la recherche équine avec
des instituts et des laboratoires spécialisés. Ce département organise
les Equi'days, festival consacré aux activités liées au cheval. L'Orne
est le premier département français pour l'élevage des trotteurs, le
galop vient en seconde position, le cheval de sport y arrive en 3ème
position. C'est aussi le berceau du cheval de trait Percheron,
mondialement connu. La Manche possède le plus important effectif équin
(23 000 têtes) et c'est le département d'origine du cheval de selle
français, idem pour le cob normand. L'Eure est une terre d'accueil pour
les cavaliers : c'est le premier département français en terme de
pratique équestre (plus de 8 000 licenciés) et la Seine-Maritime
s'oriente plutôt vers la randonnée : plus de mille kilomètres
d'itinéraires balisés relient les massifs forestiers de ce département.
La
filière équine ne se contente pas de sa rente de situation privilégiée
: elle innove. Outre le Pôle de compétitivité labellisé en 2006 (20
projets retenus à ce jour) en Normandie occidentale, la Seine-Maritime
crée son Pole équestre à Mauquenchy (Pays de Bray), Deauville va ouvrir
un complexe équestre en 2009, le Pays d'Argentan - Pays d'Auge ornais
devient Pôle d'excellence rurale et les métiers du cheval y tiennent
une grande place, à Vire enfin se bâtit un village équestre... Ce ne
sont, là, que quelques exemples démontrant la vitalité de l'élevage
chevalin et le développement de la pratique équestre en Normandie
méritant tout à fait son titre de « Terre du Cheval ».
La
désignation de Caen et de la Normandie pour l'organisation des Jeux
Equestres Mondiaux est le fruit d'une coopération exemplaire entre les
Elus, la Fédération Française d'Equitation (3ème fédération sportive
avec 600 000 licenciés) et le soutien de l'Etat (Le Président de la
République avait appuyé la candidature française...).
Avec
beaucoup d'élégance, Laurent Beauvais, président de la demi-région «
Basse »-Normandie, a tenu à saluer les efforts de ses prédécesseurs,
René Garrec et Philippe Duron (directement concerné puisque Caen sera
le lieu principal de l'événement). Il a remercié son homologue
haut-normand, Alain Le Vern, à qui il a fait part de « son immense satisfaction. Nous avons tous su jouer collectif, un grand merci à tous nos partenaires ».
L'épreuve d'endurance devant rallier le Haras du Pin au
Mont-Saint-Michel, Laurent Beauvais a adressé ses féliciations aux
Présidents des Conseils Généraux de l'Orne et de la Manche, qui
participeront directement à l'organisation de cette compétition.
Voilà
un magnifique exemple d'une solidarité normande conquérante que le
Mouvement Normand salue avec enthousiasme, en invitant tous ses
adhérents et sympathisants à se mobiliser au service de la réussite des
Jeux Equestres Mondiaux de 2014.
Pour le Directorat Brun (Economique et Social - Economie du Sport) du Mouvement Normand
Pierre LEBIGRE
















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