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Communiqués du MN - Blog du Mouvement Normand

Blog du Mouvement Normand


jeudi 23 avril 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand N° 95 - semaine 17 - 2009

AVERTISSEMENT

Les communiqués hebdomadaires du Mouvement Normand sont... plus que des communiqués. Ils ont une vocation pédagogique et doctrinale. Ils précisent les positions du Mouvement Normand sur les problèmes du moment, au fur et à mesure où ils se présentent.
A la demande de nos correspondants, internautes ou responsables de communication, il a été décidé par la Commission Exécutive du Mouvement Normand, réunie le 18 avril dernier, d'une part, de continuer la publication de ces points de vue relativement charpentés et référencés, d'autre part, de les faire précéder d'un court résumé, où l'on retrouverait, outre l'exposé succinct du thème abordé, les mots-clefs ou les phrases lapidaires qui condensent la démonstration. Cela en facilitera le classement.
Puisque nous allons vers la parution du centième communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand, il a été décidé de rassembler ces textes dans une publication, présentée et commentée, où l'on retrouvera, en tête de chaque communiqué le court résumé du thème évoqué et les fameux mots-clefs pour en faciliter le classement.
Il en sera ainsi à chaque centaine de communiqués hebdomadaires du Mouvement Normand.

La Commission Exécutive du Mouvement Normand



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RESUME DU COMMUNIQUE N° 95

Culture et tourisme ont partie liée, notamment avec le territoire. Pour le Mouvement Normand, le territoire, c'est la Normandie dans son ensemble dans la diversité des Pays normands. La coopération des différents acteurs et financeurs de la culture et du tourisme permet une bonne structuration de l'offre dans ces deux secteurs de l'économie. La crise est une chance, tant pour la culture que pour le tourisme, à condition que l'on sache tirer du territoire normand les potentialités de l'immense héritage qu'il nous offre.

MOTS-CLEFS : CULTURE - TOURISME - TERRITOIRE - PAYS - HERITAGE - CRISE - ENRACINEMENT


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L'ENRACINEMENT, VALEUR PRIMORDIALE

AU PLAN CULTUREL EN MATIERE TOURISTIQUE



Une réflexion revient souvent : les industries culturelle et touristique ne sont pas « délocalisables ». On pourrait en discuter - ne va-t-on pas « délocaliser » le Louvre à Lens et à ...Abu - Dhabi ? -, mais ce que veut dire le bon sens commun, c'est que la culture, même si elle prétend à l'universalisme, ne peut s'affranchir de son passé et de son terroir d'origine, et que le tourisme, s'il propose une face centrifuge (offrir à ses clients toutes les destinations du monde), tend à ramener, de façon centripète, ses activités vers les territoires. S'appuyant sur le patrimoine, les héritages monumentaux, paysagers, littéraires, artistiques, les activités culturelles et touristiques ont des liens tellement forts avec les territoires qu'on doit en constater l'enracinement et, de ce fait, considérer cet enracinement comme une valeur primordiale au plan culturel et en matière touristique.

On peut affirmer avec Philippe Chaudat, ethnologue au CNRS, qu' « il y a territoire parce qu'il y a culture et se demander également s'il y a culture parce qu'il y a territoire ». En tout cas, si soixante-dix millions de touristes étrangers viennent, chaque année, en France, il paraît évident que l'attractivité du territoire français s'explique autant par la beauté et la variété des paysages que par la profusion patrimoniale et la culture vivante qui en émane. Variété, profusion... Ce pourrait être un couple anarchisant s'il n'y avait la fidélité et l'ordonnance du territoire, immuable, où « tout change et rien n'amende ».

Le territoire qui joue ainsi un rôle déterminant n'est pas, aux yeux du Mouvement Normand, un simple espace géographique, la portion d'un tout. Le territoire, c'est la Normandie, toute la Normandie, dans la diversité des Pays normands. L'ensemble (la Normandie) et les parties (les Pays normands) provoquent la dialectique féconde de la culture et du tourisme normands. On sort de la théorie, on entre dans le concret. Justement, nous y sommes invités par les excellentes publications de plaquettes touristico-culturelles mises à notre disposition par le Comité Régional du Tourisme, les différents Comités Départementaux et co-financés par l'Etat (Ministère du Tourisme), l'Europe (par le truchement du PARDER), les Conseils Régionaux de « Haute » et de « Basse »-Normandie. Pour l'instant, il n'y a que 19 pays d'accueil touristiques illustrés par ces excellentes plaquettes. Mois après mois, cependant, tous les pays normands se voient ainsi magnifiés et invitent à la promenade intelligente.

Se pose d'ailleurs un problème, presque institutionnel : il y a une quasi concordance entre le pays d'accueil touristique et le « pays - espace de projet », que semble bouder les responsables politiques et, notamment, le Comité Balladur sur la réforme des collectivités locales. La pertinence du pays n'est-elle pas démontrée au plan culturel et touristique ?

Quoi qu'il en soit, le territoire normand offre une large palette d'occurrences culturelles et touristiques.

Au plan historique, la Normandie gallo-romaine (Gisacum - Vieil-Evreux, Areguna - Vieux, Juliobona - Lillebonne) le dispute aux forteresses médiévales de la frontière franco-normandes (Arques, Gisors, Château-Gaillard...) ou aux Abbayes, puis au « blanc manteau » des églises et cathédrales romanes et gothiques. Des « thèmes » historiques nous sont proposés : Guillaume le Conquérant, la Bataille de Normandie, la fin tragique de l'épopée johannique. Nos livres sont des livres d'histoire et d'architecture, allant du Moyen Age jusqu'au XXe siècle (Le Havre, classé par l'UNESCO).
Au plan littéraire, les maisons et les routes d'écrivains attirent les amateurs. Et la Normandie en est particulièrement riche ! La vogue des bains de mer s'est lancée sur nos côtes : Côte d'Albâtre, Cote Fleurie, Côte de Nacre, côtes du Cotentin. Sommes-nous seulement dans la vocation touristique quand Proust à Cabourg ou les personnalités de Honfleur immortalisent la côte normande ? Que dire de l'Impressionnisme, que dire des Parcs et Jardins, coïncidences de la nature et de l'art, ou, encore, du monde du cheval, école de maîtrise et de maintien ? Même la riche gastronomie normande contribue à la dimension culturelle de la Normandie : quatre A.O.C. de fromages, c'est plus qu'un savoir-faire ! Lorsque Edouard Herriot chante « La Forêt Normande », lorsqu'on exalte le travail des hommes en évoquant le riche passé industriel, minier et textile, ou le présent de son industrie du verre ou du flaconnage, lorsqu'on présente fièrement les ouvrages d'art comme le Pont de Normandie ou le Pont - Levant Gustave Flaubert ou encore le gigantesque chantier de Port 2000, quelles sont les limites entre la culture et le tourisme ? Et quel dénominateur commun entre les deux, sinon le territoire normand et les hommes et les femmes qui y ont habité et qui y habitent ?

En ces temps de crise où le vagabondage planétaire superficiel n'est plus de bon aloi, c'est l'approfondissement, la recherche de sens et de cohérence, le couple nature / culture qui redeviennent à l'ordre du jour. L'heure de la Normandie a sonné. Redécouvrons-la dans toutes ses facettes : elle est plus riche, plus surprenante, plus exotique, plus belle qu'on ne le croit...

Pour les directorats pourpre (culture - identité)
et brun (économie du tourisme) du Mouvement Normand
Guillaume LENOIR


mardi 21 avril 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand N° 94 - semaine 16 - 2009

LA NORMANDIE DES OCCASIONS MANQUEES


La « Queen Mary II » devait faire escale au Havre. Ce n'est pas rien : plusieurs milliers de touristes argentes qui débarquent pour quelques heures dans une ville où les commerçants, prévenus, se sont achalandés pour la circonstance... Hélas, l'escale a été décommandée... pour cause de grève. Heureusement, dira-t-on, la « Queen Mary II » s'est arrêtée à Cherbourg, qui, certes, ne s'y attendait pas, mais cet autre port normand en a quelque peu profité. Demi-mal, donc ? On pourrait regretter cet avatar : qui nous dit que le splendide navire de la Cunard inscrira lors d'une prochaine croisière un port français (donc normand !) sur la liste de ses escales ? Cela nous rappelle furieusement l'agonie lamentable de notre « France », qui a démontré notre incapacité collective à réussir la mutation des paquebots transatlantiques en super-navires de croisière, et ce, sous les prétextes fallacieux du refus des personnels à changer leurs habitudes, à remettre en cause des acquis sociaux ne pouvant plus être maintenus dans le cadre d'une évolution des métiers... Le paquebot « France » a été livré aux démolisseurs : nous n'avons même pas été capables de le transformer en hôtel de luxe au pied du Pont de Normandie comme le projet en avait été formé pendant un temps à la grande colère des restaurateurs de la Côte y voyant une concurrence redoutable... Il faudra tout de même qu'on nous explique pourquoi des compagnies étrangères peuvent lancer des bateaux de croisière comme la « Queen Mary II » (construit en France d'ailleurs !) et que nous ne sommes pas capables d'en faire autant. Pourquoi tel ou tel navire en fin de vie peut devenir un palace flottant dans un émirat du Golfe Persique et que nous détruisions un navire symbole du goût français ?

Le choix de la construction d'un pont levant à Rouen était assurément contestable. Il eût mieux valu un tunnel. Le Mouvement Normand l'a dit en son temps. Mais Pont Flaubert il y a. Pont levant, de records européens. Certes ! Mais pont levant immobile : il apparaît que les bâtiments de croisière qui, par dizaines, viennent s'amarrer à Rouen, refusent de franchir la passe : ils craignent, paraît-il, qu'un mouvement de grève ne les place en situation d'otages le long des quais de Seine. Quelle réputation nous avons ! Alors pont levant inutile ? Ne servira-t-il que tous les cinq ans pour l'Armada ? Au moins devrait-il servir de trait d'union entre les deux rives : c'est le cas et cela montre a posteriori la nécessité d'un 6e franchissement de la Seine, à Rouen. Malheureusement - et le temporaire peut durer longtemps -, les voies d'accès à l'ouvrage sont calamiteuses sur la rive gauche... Mais le plus grave, c'est que ce franchissement du fleuve a été lancé AVANT que l'on réfléchisse à la réalisation de la nouvelle gare SNCF sur cette rive gauche, qui, fatalement, devra se compléter par un franchissement ferroviaire de la Seine (pont fixe ? tunnel ?)... Ce manque d'anticipation et de coordination dans les projets sera jugée, dans les décennies à venir, comme une incohérence, une occasion manquée d'une véritable restructuration de l'Agglo de Rouen.

Puisque nous parlons de l'Agglo de Rouen, le dessein de son président, Laurent Fabius, de la transformer en communauté urbaine, se trouve entravé par la fronde des petits potentats locaux (souvent de la même tendance que M. Fabius, soit dit en passant) : ils craignent de perdre leur « indépendance », d'être « noyés »... Tout le langage localiste y passe. Il est urgent de ne rien faire ou de jouer petit bras. Le Comité Balladur sur la réforme des collectivités locales place pourtant Rouen comme métropole du nord-ouest : formidable opportunité qu'il faudrait saisir. Hélas, trois fois hélas !, les caciques du Parti Socialiste, Fabius en tête, ont tellement déblatérer sur les propositions formulées dans le rapport de l'ancien Premier Ministre que, là encore, il sera urgent d'attendre !

Bien entendu, ne parlons pas de l'invitation à peine déguisée de réunifier la Normandie. La plus haute autorité de l'Etat s'est prononcée en faveur de cette solution de bon sens, « mais comme c'est Sarko qui l'a dit, c'est forcément mauvais ! ». Nos responsables politiques sont décidément de petits bonshommes !

Il n'y a pas qu'eux !

Dans le cadre de la restructuration et de la réduction du nombre des Chambres de Commerce et d'Industrie, plusieurs d'entre elles, toutes directement concernées par les retombées de Port 2000, ont proposé de fusionner : Le Havre, Bolbec-Fécamp, Pays d'Auge... pour former la C.C.I. de l'Estuaire. Le projet est torpillé par la C.C.I. de Caen et la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie de « Basse »-Normandie : ces messieurs-dames trouvent scandaleux qu'une nouvelle C.C.I. s'affranchisse des frontières administratives régionales et départementales. Irrésistiblement, on pense aux dinosaures qui disparurent faute de pouvoir s'adapter...

Du coté des Universités, on ne fait pas beaucoup mieux. On a liquidé le Pôle Universitaire Normand. On n'a pas été choisi parmi les dix universités bénéficiant tout de suite d'une autonomie de gestion. On ne se presse surtout pas pour constituer un Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur (P.R.E.S.) et... chaque année, 4000 jeunes diplômés quittent la Normandie, l'Université de Rouen - pour ne citer qu'elle - perd huit cents étudiants, le nombre d'étudiants en université à l'étranger (bourses Erasmus) baisse en « Basse »-Normandie (330, - 53% !). Même les professeurs de Normandie travaillant dans les universités étrangères se comptent loin derrière leurs collègues de Bretagne ou des Pays de Loire (cf « Ouest-France » - 19 février 2009). Il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser !

On pourrait multiplier à l'envi les exemples montrant que la Normandie - divisée contre elle-même - « loupe le coche » en bien des domaines. Nous n'avons pas évoqué les problèmes ferroviaires : c'est trop accablant. On ne peut même pas se raccrocher à l'intéressante expansion du trafic fluvial sur la Seine : le succès est fragile, car les écluses sont vétustes et, à tout moment, peuvent entraver les flux... comme cela est arrivé il y a quelques semaines. Pendant ce temps, le canal Seine-Nord va mettre directement Paris en liaison avec les ports de la Mer du Nord. Allons-nous, là encore, nous mettre hors jeu dans cette affaire ?

Le Mouvement Normand est inquiet : le déclin de la Normandie s'accélère avec la crise et nos Elus et Décideurs laissent passer des opportunités. Cela suffit !

Pour le Directorat Brun (Economique et Social) du Mouvement Normand
Jean-Guillaume LEFEBVRE

jeudi 9 avril 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand N° 93 - semaine 14 - 2009

NORMANDIE, RENDEZ-VOUS MONDIAL DU CHEVAL EN 2014

Les nouvelles concernant la Normandie ne sont pas si florissantes pour que nous boudions notre plaisir d'apprendre que les 35 membres de la Fédération Equestre Internationale, présidée par la princesse Hayat Bint Al-Hussein, avaient choisi la Normandie pour l'organisation, en 2014, des Jeux Equestres Mondiaux.

En alternance avec les compétitions équestres des Jeux Olympiques, les Jeux Equestres Mondiaux ont lieu, depuis 1990, tous les quatre ans. Ils comportent plus d'épreuves que les Jeux Olympiques, puisqu'aux jumping, dressage, concours complet, équitation paralympique, les Jeux Equestres Mondiaux accueillent huit disciplines : le concours de saut d'obstacles, le dressage, le concours complet (trois épreuves sur trois jours), l'attelage, l'endurance, la voltige, l'équitation western ou reining et une épreuve paralympique. Autant dire qu'en matière équestre, les Jeux de 2014 seront le rendez-vous suprême des sports où le cheval est roi.

Le « poids » d'un tel événement fait rêver : au moins 500 000 spectateurs sur deux semaines, 800 cavaliers, près de 900 chevaux, 1 700 employés et bénévoles, 1 200 journalistes, 300 photographes et... 460 millions de téléspectateurs ! Inutile de préciser que tous les haras de Normandie seront sollicités pour recevoir ces chevaux-champions, que tous les hôtels à deux cents kilomètres à la ronde seront pris d'assaut, qu'une logistique impressionnante sera organisée (transports et alimentation des animaux, dessertes ferroviaires spéciales, etc.).

Ce sera la fête du cheval, mais aussi la fête de la Normandie.

La France n'a jamais eu l'honneur d'organiser ces Jeux Equestres Mondiaux : successivement Stockholm, La Haye, Rome, Jerez de la Frontera, Aix-la-Chapelle, Lexington auront connu cette compétition. Que Caen et la Normandie soient choisies représente donc une formidable reconnaissance de la vocation équine de la Région, où, d'ailleurs, a été identifié un Pôle de Compétitivité lié à l'élevage chevalin.

Que représente la filière équine en Normandie ?

Selon Agriscopie, panorama de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en Normandie (livraison de mars 2008), la Normandie est le pays du cheval par excellence : 50 % des chevaux de courses français (pur sang et trotteur), 1/3 des immatriculations nationales des chevaux de sang. Deux Haras Nationaux se trouvent en Normandie : le Haras du Pin, celui de Saint-Lô. Et Deauville est l'une des premières places mondiales du marché des pur-sang et trotteurs : la vente des yearlings y attirent les acheteurs du monde entier. On ne compte plus les grands champions qui y ont vu le jour : Général du Pommeau, Cocktail Jet, Offshore Dream, Sagamix, Jag de Belhouet, Baloubet du Rouet...

Le cheptel équin normand représente 13 % de l'effectif national en « Basse »-Normandie (58 000 équidés), 3 % en « Haute »-Normandie (14 500 têtes). Au total, la Normandie, c'est 16 % de l'élevage chevalin français, de loin la première région de France de cette branche de l'élevage. On estime à 70 000 le nombre de salariés directement ou indirectement impliqués dans l'élevage chevalin normand.

Chaque département normand cultive ses spécialités, le tout formant un ensemble tout à fait performant et plein de perspectives de développement. Le Calvados est à la pointe de la recherche équine avec des instituts et des laboratoires spécialisés. Ce département organise les Equi'days, festival consacré aux activités liées au cheval. L'Orne est le premier département français pour l'élevage des trotteurs, le galop vient en seconde position, le cheval de sport y arrive en 3ème position. C'est aussi le berceau du cheval de trait Percheron, mondialement connu. La Manche possède le plus important effectif équin (23 000 têtes) et c'est le département d'origine du cheval de selle français, idem pour le cob normand. L'Eure est une terre d'accueil pour les cavaliers : c'est le premier département français en terme de pratique équestre (plus de 8 000 licenciés) et la Seine-Maritime s'oriente plutôt vers la randonnée : plus de mille kilomètres d'itinéraires balisés relient les massifs forestiers de ce département.

La filière équine ne se contente pas de sa rente de situation privilégiée : elle innove. Outre le Pôle de compétitivité labellisé en 2006 (20 projets retenus à ce jour) en Normandie occidentale, la Seine-Maritime crée son Pole équestre à Mauquenchy (Pays de Bray), Deauville va ouvrir un complexe équestre en 2009, le Pays d'Argentan - Pays d'Auge ornais devient Pôle d'excellence rurale et les métiers du cheval y tiennent une grande place, à Vire enfin se bâtit un village équestre... Ce ne sont, là, que quelques exemples démontrant la vitalité de l'élevage chevalin et le développement de la pratique équestre en Normandie méritant tout à fait son titre de « Terre du Cheval ».

La désignation de Caen et de la Normandie pour l'organisation des Jeux Equestres Mondiaux est le fruit d'une coopération exemplaire entre les Elus, la Fédération Française d'Equitation (3ème fédération sportive avec 600 000 licenciés) et le soutien de l'Etat (Le Président de la République avait appuyé la candidature française...).

Avec beaucoup d'élégance, Laurent Beauvais, président de la demi-région « Basse »-Normandie, a tenu à saluer les efforts de ses prédécesseurs, René Garrec et Philippe Duron (directement concerné puisque Caen sera le lieu principal de l'événement). Il a remercié son homologue haut-normand, Alain Le Vern, à qui il a fait part de « son immense satisfaction. Nous avons tous su jouer collectif, un grand merci à tous nos partenaires ». L'épreuve d'endurance devant rallier le Haras du Pin au Mont-Saint-Michel, Laurent Beauvais a adressé ses féliciations aux Présidents des Conseils Généraux de l'Orne et de la Manche, qui participeront directement à l'organisation de cette compétition.

Voilà un magnifique exemple d'une solidarité normande conquérante que le Mouvement Normand salue avec enthousiasme, en invitant tous ses adhérents et sympathisants à se mobiliser au service de la réussite des Jeux Equestres Mondiaux de 2014.

Pour le Directorat Brun (Economique et Social - Economie du Sport) du Mouvement Normand
Pierre LEBIGRE

lundi 30 mars 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand N° 92 - semaine 13 - 2009

CONTRE LA CRISE : DE NOUVELLES SOLIDARITES REGIONALES !


Le jeudi 19 mars dernier, des dizaines de milliers de Normands, à l'instar des autres Français, étaient dans la rue pour exprimer leur angoisse devant les effets dévastateurs de la crise, pour dénoncer les méfaits d'une dérive quasi maffieuse de l'économie financière, pour demander des augmentations de salaires, pour souligner la baisse du pouvoir d'achat, pour défendre les services publics.

Bref, une grève « pour tout » et, d'abord, pour mettre en cause la politique gouvernementale, jugée insuffisante pour enrayer le déclin de l'activité et les trop nombreuses suppressions d'emplois.

Cette accumulation d'objectifs trahit la confusion dans laquelle se meuvent les organisations syndicales qui ne savent où donner de la tête et déterminer clairement les priorités dans l'ensemble de leurs revendications. En fait, la France - donc aussi la Normandie - est malade, elle a la fièvre, elle s'affaiblit, tous les Diafoirus proposent, qui, un clystère, qui, des saignées, et l'on ne voit guère de motifs d'amélioration de l'état de la patiente.

Nous sommes dans la phase d'abattement et de déploration : il semble que l'impérieuse nécessité de se retrousser les manches ne soit pas encore vraiment ressentie... Les Français sont ainsi : leurs premiers réflexes consistent à vouloir désigner des coupables, à rechercher ensuite les moyens de rendre moins douloureux les effets d'une crise, à réaliser enfin le redressement dont ils ont toujours été capables... Évidemment l'approche est souvent différente ailleurs, aux Etats-Unis par exemple où chacun ressent le besoin de se sortir du bourbier de son propre chef... Mais il est vain de se fustiger davantage : nous sommes ainsi. Faisons avec.

Les coupables ? On croit les connaître aujourd'hui : les financiers, adeptes du casino mondial, qui ont joué, spéculé... avec un argent qu'ils ne possédaient pas, puis avec l'argent des épargnants. L'informatisation des moyens de transaction a permis les pires jongleries. Tout le reste en découle : les endettements des établissements bancaires, le manque de liquidités, l'asphyxie financière des entreprises, la baisse des investissements qui précède et qui suit la contraction des carnets de commande, les licenciements, la stagnation ou la baisse de la consommation... Le schéma est connu, mais n'est-il pas superficiel ? Ne faudrait-il pas réfléchir au phénomène de la prééminence de l'économie financière et virtuelle sur l'économie réelle ? Ne faudrait-il pas remettre en cause l'absence de régulation du système capitaliste, telle qu'elle a été initiée par les modèles Reagan et Thatcher et qui faisait apparaître désuet le système colberto-gaullien de la France, entraînée malgré elle dans une déglingue de ses services publics et son système de protection sociale ?

Les faits sont têtus : il est démontré que ce qui reste du modèle d'économie administrée français rend moins graves les effets de la crise en France et que même les économistes d'outre-atlantique regardent d'un oeil neuf le système de garde-fous de l'exception française.

Les Français en sont-ils conscients ? Oui et non. Oui, lorsqu'ils veulent défendre bec et ongle leur protection sociale et les services publics. Non, lorsqu'ils demandent à l'Etat - donc au Gouvernement - de tout régler. « Faut qu'on, Y a qu'à », éternel leitmotiv de la foule française qui met invariablement derrière le pronom indéfini l'intervention tutélaire de l'Etat.

La mise en accusation du Gouvernement est chez nous classique, quelle que soit l'équipe aux commandes... et depuis trente ans la Gauche comme la Droite ont été aux affaires.

La Gauche comme la Droite ont démantelé le système économique administré à la française, cédant aux pressions extérieures du libéralisme triomphant et du mondialisme envahissant. Dans le même temps, l'Etat a vidé ses caisses et s'est endetté de façon inconsidérée : c'est normal, il fallait satisfaire aux clientélismes divers et maintenir un train de vie apparemment incompressible de puissance moyenne voulant jouer dans la cour des grands.

La crise est là et que constate-t-on ? Une situation analogue à celle de la France d'avant 1789 : un Etat désargenté dont on attend tout, un pays encore riche, mais où les inégalités sont de plus en plus mal ressenties, des féodalités de toutes sortes...

Justement ces féodalités, qui répugnent à se remettre en cause et refusent le changement, se retrouvant aussi bien dans le secteur privé (les multinationales par exemple) et dans le secteur public (la Poste, RFF, la SNCF, etc.). Les multinationales ont tout fait pour se mettre hors de portée de l'Etat, dont elles se gaussent, et les féodalités administratives s'érigent en puissances rivales de l'Etat, copiant celui-ci dans une tradition centraliste trouvant sa traduction dans le statut national des fonctionnaires ou le statut national des salariés des EPIC (Etablissement publics industriels et commerciaux).

Que reproche-t-on à l'Etat en général, à Sarkozy en particulier ? (L'identification de l'Etat au président de la république résulte de l'idée que le titulaire de l'Elysée se fait de sa fonction, elle-même découlant du système du quinquennat voulu en son temps par Jospin, lequel aurait bien voulu en profiter !). Oui, que reproche-t-on aux plus hautes instances ? C'est de ne pas combattre, voire abattre, les féodalités !

Les indécences des grands patrons aux parachutes dorés - que nous ne confondrons pas aux entrepreneurs, petits et grands - (Faut-il qu'ils soient stupides et sans vergogne pour ne pas comprendre, qu'en période de crise ou pas, il est insultant d'étaler sa goinfrerie, dont les justifications font problème !) doivent être sanctionnés. Sans mollir. Les multinationales s'en moquent ? La Chambre des Représentants, aux Etats-Unis, en votant la ponction fiscale confiscatoire de 90 %, montre le chemin que doit suivre l'Etat et son Gouvernement... Toutes mesures de ce type (lutte contre les paradis fiscaux, conditionnalité des aides aux entreprises, etc.) deviennent des impératifs de gouvernance en ces temps de crise, mais ce que doit, en plus, faire l'Etat, c'est réguler l'économie financière, contrôler les établissements financiers. Ils ont des comptes à rendre, surtout s'ils sollicitent les avances financières de l'Etat pour se redonner des liquidités. Cela peut aller jusqu'à la nationalisation partielle et temporaire des banques. Nous insistons sur le mot « temporaire », car l'Etat n'a pas la vocation à être éternellement un banquier.

Quant aux féodalités administratives, elles doivent être déconcentrées et décentralisées, suivant en cela la déconcentration et la décentralisation de la France.

Plutôt que de rester dans la logique de ces institutions centralisées et pyramidales qui, inévitablement, finissent par avoir des gestions comptables (vues de Paris, les satisfactions des besoins des usagers et administrés se hiérarchisent selon leur ampleur quantitative... et condamnent ainsi les zones moins peuplées et moins attractives), il faudrait partir de notions nouvelles comme l'équilibre dans l'aménagement du territoire.

On nous objectera que la conception centralisée a pour but de traiter également tous les citoyens de la République. C'est largement devenu un mythe.

Que constate-t-on au bout de deux siècles de centralisation aux forceps ? Une inégalité effarante selon que vous habitez dans la Région-Capitale ou dans le sud, d'une part, dans les régions du nord, du nord-ouest ou du centre de la France.

Prendre le cas de la santé est accablant : les disparités régionales sont inacceptables. Prendre celui des transports ferroviaires est même insultant. La Normandie, dans ces deux cas, est en état de déshérence. Pour la santé, nous ne rattraperons nos retards que dans cinquante ans... si la Région met la main à la poche ! Pour le ferroviaire, on constate que RFF se révèle incapable de démarrer de vrais travaux d'infrastructures avant 2013...

Est-ce acceptable ?

Mettre en cause l'Etat en cette affaire ? Lui demander d'investir massivement pour combler nos retards ? Le plan de relance qui se veut d'abord une accélération des programmations de projets déjà prévus est, au mieux, un saupoudrage salutaire (le Gouvernement a parfaitement raison de privilégier l'investissement et non de relancer par la consommation, prônée par une opposition sans imagination), mais ce n'est pas le rattrapage sélectif auquel nous pourrions prétendre.

D'ailleurs, dans la logique de l'Etat centralisé, peut-on faire autrement ? Surtout en période de crise où, justement, l'Etat, depuis trop longtemps impécunieux, n'a pas ou n'a plus les ressources de faire pour la Normandie ce qu'à d'autres époques - les Trente Glorieuses -, on pouvait faire pour désenclaver la Bretagne...

La réponse, quoi qu'il en coûte, réside dans un renversement des perspectives. Services publics et services d'intérêt général doivent d'abord répondre aux besoins des populations. Et ces besoins ne sont pas les mêmes partout. Vouloir les satisfaire d'en haut d'une façon uniforme revient à labourer la mer et aboutit, faute de moyens, à mettre en avant une gestion comptable, donc à produire les inégalités que nous connaissons. L'avenir des services publics et des services d'intérêt général réside dans une gestion décentralisée et régionalisée dans laquelle les usagers, administrés et clients ont, par l'intermédiaire de leurs Elus régionaux, la responsabilité financière de leur bonne marche.

Prenons quelques exemples :

En 1986, l'Etat a abandonné aux Régions et aux Départements la gestion du patrimoine des lycées et des collèges... Ce transfert de compétences s'est accompagné du transfert des financements consentis par l'Etat en 1986... Mais comme l'Etat avait laissé ce patrimoine en mauvais état, faute d'un financement suffisant, il a bien fallu que les Collectivités territoriales investissent davantage pour rénover, restaurer, augmenter ce patrimoine. Cela a été une réussite, dont on se réjouit tous les jours, et, surtout, cela a été accepté par la population contributive. L'acceptabilité de sacrifices fiscaux est plus grande lorsque les contribuables peuvent juger sur pièces de la pertinence des investissements publics.

Autre exemple : les T.E.R.

Depuis que les Régions les ont pris en charge, même insuffisamment défalquées du montant des investissements consentis pour les développer, on constate une amélioration appréciée de la qualité des liaisons ferroviaires gérées régionalement. Cela coûte cher, mais c'est accepté par la population. Aurait-on eu la même acceptabilité si l'Etat avait ponctionné les contribuables, dans les mêmes proportions, pour réaliser, moins bien, les investissements ferroviaires locaux ?

Nous pensons au Mouvement Normand que la santé, la culture, la Poste, RFF, la SNCF et bien d'autres organismes centraux, que l'on peut considérer comme des services publics et des services d'intérêt général, doivent être régionalisés, gérés par les Régions, dont les Elus répondront de façon responsable aux yeux des usagers, leurs électeurs, de la bonne gouvernance : la fermeture ou le maintien d'un bureau de poste, l'ouverture ou la fermeture d'une classe, l'amélioration d'une desserte ferroviaire ou routière seront d'autant mieux acceptées - financièrement par l'impôt régional ou local, faut-il le préciser ? - qu'il y aura une relation étroite entre la satisfaction des besoins de la population, la solidarité territoriale et le financement consenti.

Alors, de nouvelles solidarités régionales pour permettre une sortie de crise, notamment par une promotion des services publics et des services d'intérêt général, telle est l'une des clefs que propose le Mouvement Normand. C'est une réponse à l'une des revendications des manifestants du 19 mars. Elle conditionne les autres. Elle responsabilise chacun, là où il est, et permet à l'Etat d'abattre plus aisément les féodalités qui le grugent ou qui le noient.

Pour le Directorat Brun (Economique et Social) du Mouvement Normand
Guillaume LENOIR et Robert LEVASSEUR

samedi 21 mars 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand N° 91 - semaine 11 - 2009

« FESTINA LENTE ! » - HATE-TOI LENTEMENT !

En dépit du titre de l'exorde d'Edouard Balladur qui précède l'introduction au Rapport du Comité pour la Réforme des Collectivités Locales au Président de la République, en date du 5 mars 2009 (J.O. du 6 mars 2009) : « Il est temps de décider », il semble bien que l'adage latin « Festina lente ! » - « Hâte-toi lentement » soit le mot d'ordre clôturant momentanément le hourvari déclenché par toute cette affaire. Plus significatif encore, la Presse, qui, il y a quinze jours, se faisait l'écho de toutes les criailleries des prébendiers du mille-feuille territorial, agressés dans leur confortable sinécure, est passée à un autre sujet. Alors, la réforme des collectivités territoriales est-elle enterrée ? Au risque de passer pour des provocateurs, nous pensons, au Mouvement Normand, que nous ne sommes qu'au début d'une révolution institutionnelle et administrative et ce rapport devra être considéré comme une étape importante dans le processus de transformation de la France, Etat centralisé, en une France décentralisée et régionalisée.

Le tout a commencé en 1968-69 lorsque le Général de Gaulle a déclaré que « l'effort multiséculaire de centralisation de l'Etat ne se justifiait plus », qu'il avait cessé d'être pertinent et qu'il avait voulu forcer le destin en proposant le Referendum du 27 avril 1969. Ce fut un échec fécond puisque, quarante ans plus tard, la question est toujours posée, avec des débuts de solutions résultant de diverses avancées (Loi de 1972 portant sur l'organisation des Régions, Lois Defferre de 1982, Lois Chevênement et Voynet de la décennie quatre-vingt-dix, Acte II de la Décentralisation du Gouvernement Raffarin, etc.). Ces tâtonnements s'enchevêtrent parfois, d'où le mille-feuille. Les citoyens en prennent conscience. Les élus sont méfiants : ils en vivent. Mais quelle que soit leur résistance au changement, il faudra bien évoluer vers plus de simplicité et d'efficacité.

Dans la gestion de la cité (prise au sens large), deux exigences s'affrontent : la nécessité d'une vision globale de l'aménagement du territoire et le désir de proximité dans la gouvernance du quotidien. Pour la première, la réponse réside dans la constitution de « vraies » régions. Pour le second se posent les problèmes des rapports entre les Elus et les citoyens : les solutions se trouvent dans les collectivités territoriales de base ou des échelons intermédiaires situés entre la commune et la Région.

L'affaire se complique dès l'instant où l'on évoque la question des moyens dévolus aux collectivités locales, gages de leur efficacité et de leur indépendance de gestion, et du mode de désignation des élus chargés de les gérer.

36 000 communes, c'est trop. Mais c'est aussi le dévouement au service de la collectivité de dizaines de milliers de bénévoles. Ce respectable bénévolat des conseillers municipaux, voire des maires à peine défalqués du temps passé à la gestion presque sordide des petites communes, sert aussi d'alibi et de paravent aux professionnels de la politique, cumulards sans vergogne, ne voulant surtout pas que l'on change quoi que ce soit au système prébendier dont ils profitent. L'invention des communautés de communes (CDC) est une réponse partielle au problème des moyens des collectivités locales de base, mais nullement à la question du cumul des mandats, de la responsabilité politique et financière des présidents de CDC non élus au suffrage universel...

Quelle doit être, d'autre part, la taille des CDC pour en tirer toute la pertinence et toute l'efficacité ? Comment concilier la géographie nouvelle des CDC avec la survivance des cantons ?

Si département il doit subsister, doit-il rester le regroupement de cantons ou devenir le regroupement d'un certain nombre de CDC et, par suite, devenir l'assemblée des présidents des CDC qui le composent ?

Mais, alors, quel rôle pour le département, dont l'argument principal du maintien duquel réside dans la proximité (le chef-lieu restant un lieu de commodités administratives, ce que ne peut ambitionner le ou les capitales d'une Région) ? Le social ? Certes ! L'aménagement du territoire de proximité ? Peut-être, mais à condition qu'il soit subordonné à l'aménagement du territoire régional, et cela pose le problème de la subordination du département à la région.

Par suite, il convient de réfléchir à un éclaircissement des Lois Defferre de 1982 « Droits et libertés des communes, des départements et des Régions », qui mettaient ces collectivités sur le même plan, au nom der l'indépendance de chacune d'elles entre elles. De même qu'il faut définir clairement le champ des prérogatives de chacune d'elles.

Le rapport du Comité Balladur a-t-il répondu à toutes ces questions ? Et à d'autres qui se posent encore : le financement des collectivités locales, les impôts locaux, la péréquation pour assurer une égalité de traitement sur l'ensemble du territoire national (Voeu pieux ou volonté politique ? Quid des services publics dans les différents milieux géographiques et sociologiques de la nation ?) ?

La réponse est négative partiellement, mais n'est-ce pas une première étape d'une réflexion sur l'être et le comment être de la société française ?

Le Président de la République repousse à l'automne l'étude par le Parlement des propositions que pourrait formuler le Gouvernement à partir des observations du Comité pour la Réforme des Collectivités Locales. Cette décision est sage, même si l'opinion publique est sévère devant l'immobilisme des Elus qui cherchent tous les motifs pour sauvegarder leurs prébendes en ne changeant rien. Ils se rassurent trop vite en proclamant que les citoyens sont plus préoccupés aujourd'hui par les problèmes issus de la crise que par la réforme des collectivités locales. Cet argument est politicien, de même que la précipitation à émettre un jugement - évidemment négatif ! - sur les travaux du comité Balladur avant même que le rapport en soit connu ou que les conclusions en soient a priori rejetées sous prétexte que l'initiative provient de Nicolas Sarkozy...

Le Mouvement Normand entend prendre son temps pour juger de ce rapport : la vingtaine de propositions qui s'en dégagent méritent toutes un commentaire approfondi. Ce seront les thèmes des prochains communiqués hebdomadaires (entrecoupés de sujets liés à l'actualité normande, bien entendu). Nous considérons que le rapport Balladur a le mérite d'exister et que, quelle que soit la tendance au pouvoir, il faudra bien prendre des décisions sur chacun des points soulevés et ceux qui ne l'ont pas été (la fiscalité locale par exemple).

Sur la longue période (et elle va bien au-delà des quatre décennies du mouvement de décentralisation que la France connaît depuis 1969), on voit se modifier la géographie administrative de la France. Les exigences nouvelles en matière d'aménagement du territoire appellent des solutions nouvelles, qui seront autant de réponses à la gouvernance des territoires, à la protection de l'environnement, à l'équilibre économique, au respect des identités régionales, au vouloir-vivre ensemble.

A tous ceux qui cherchent des prétextes pour ne rien changer, nous disons qu'il est facile apparemment de ne rien faire, mais il ne faut pas en abuser !

Didier PATTE
Président du Mouvement Normand

vendredi 13 mars 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand N° 90 - semaine 10 - 2009

La démographie : le plus incontournable des fondamentaux


Si l'économie est une science, elle le doit beaucoup aux « fondamentaux », sortes de données intangibles, peu contestées, à partir desquelles on peut analyser une situation, bâtir un projet, établir une doctrine. Parmi ces « fondamentaux », le plus incontournable est bien évidemment la démographie. D'abord parce que l'économie ne peut être qu'humaine et que chaque jour se vérifie le mot de Jean Bodin (XVIè siècle) : « Il n'est de richesses que d'hommes ». Ensuite parce que la connaissance d'un nombre de naissances à un moment donné laisse supposer que vingt ans plus tard une telle tranche arrivera sur le marché du travail, que soixante ans plus tard se poseront les problèmes de la retraite et du poids des seniors. Il en est de même de l'espérance de vie, des taux de nuptialité, de fécondité, de mortalité, etc. Nous ne sommes plus dans l'extrapolation, mais déjà dans les quasi certitudes puisque, sauf accidents (guerres, épidémies, crises économiques durables et répétées), il est facile d'anticiper les chiffres d'une population dans les décennies à venir. Et qui dit population, dit besoins et nécessité de les satisfaire. En cela, la publication des résultats de recensements qui, certes, sont des photographies du passé et du présent d'une population, permet aux responsables politiques et économiques de se préparer à résoudre des problèmes, tels que la formation initiale et continue, la création d'emplois dans le système productif, les services à la personne (enfance et vieillesse), le logement, la santé, etc... Bref tout ce qui concerne la politique en tant que vie de la cité.

La démographie, c'est encore la prise de conscience de données lourdes, tels que les migrations, l'exode rural, la densification urbaine, la péri-urbanisation et bien d'autres considérants qui débordent la sécheresse des chiffres et sont les indicateurs de genres de vie.

Ces dernières semaines, la presse a fait état des résultats des derniers recensements et, allant au-delà des chiffres bruts, en faisant notamment des comparaisons, on perçoit mieux la situation d'une région dans le contexte plus général de la nation, voire du continent.

Que constate-t-on ?

I. - La « Basse »-Normandie compte 1 465 793 habitants et la « Haute »-Normandie 1 815 000 habitants.

a) La différence entre les deux parties de la Normandie reste à peu près constante (presque 400 000 habitants de plus dans la partie orientale). Le plateau de la balance s'abaisse encore plus si l'on considère qu'en « Basse »-Normandie le département du Calvados tire la croissance de la population régionale (L'Orne stagne, la Manche progresse modérément + 2,6 % de 1990 à 2006), si bien qu'il faut considérer que 2 400 000 Normands sur un total de 3 280 000 se trouvent dans la partie sédimentaire de la Normandie (76 - 27 - 14) et participent ainsi à la vie du Bassin Parisien.
b) Si l'on fait une projection en 2030, on constate que la Normandie connaîtra une évolution de la population de l'ordre de 2,6 %, tandis que les régions adjacentes verront leur population très nettement augmenter (Bretagne + 14,1 % - Pays de la Loire + 16,6 % - Centre + 6,5 % - Ile-de-France + 9,2 %), sauf la Picardie + 2,8 % et le Nord-Pas de Calais +0,7 %.
Cela signifie que la circonscription électorale européenne actuelle du Nord-Ouest (de la frontière belge au Mont-Saint-Michel) est en pleine décadence démographique par rapport aux régions voisines.
Il n'est pas étonnant dans ces conditions que la Normandie perde deux députés : baisse d'influence politique en France, signe d'une moindre attractivité de la région. Le monde politique s'agite pour savoir quelle sera la configuration géographique de telle ou telle circonscription : il n'y a aucun responsable à s'interroger sur les causes de cette dépression démographique.

II. - La campagne retrouve des couleurs et les villes se dépeuplent...

Mis à part Rouen, qui se requinque quelque peu, les « grandes » villes (sic !) et les villes moyennes de Normandie perdent des habitants... Ce constat n'est pas très significatif. En effet :

a) Si les villes-centres se dépeuplent ou stagnent, les banlieues, elles, progressent rapidement. On peut donc dire que les espaces urbains normands croissent au plan démographique.
b) Il y a plus un phénomène de « rurbanisation » qu'un renversement de l'exode rural au profit du rural profond. En conséquences, il n'est pas très fécond de raisonner en évaluation de la population d'une ville : il faut intégrer sa banlieue. Cela donne du poids aux partisans de la constitution de grands ensembles, tels que la Communauté Urbaine de Rouen, la Communauté d'Agglomération du Havre (CODAH), l'agglomération Caen-La Mer. C'est à cette échelle qu'il faut considérer les problèmes, les « ego » surdimensionnés des maires des villes-centres dussent-ils en souffrir et le localisme ringard des petites communes suburbaines en paraître encore plus décalé.
c) Si le rural se maintient, on est encore loin de retrouver les densités de population du début du XIXè siècle, la période d'avant l'exode rural. Cela pose le problème du maintien des services publics et des petits commerces (la poste, les perceptions, les médecins, les brigades de gendarmerie, l'épicerie, la boulangerie, le troquet, etc.), mais nous en prenons conscience au moment où, justement, on constate une certaine remontée démographique. Le sentiment de frustration s'accentue dans cette population.

III.- La Normandie se détourne-t-elle de la mer ?

Les cantons ruraux des bords de mer sont en décroissance (Pays de Caux, Côte Est du Cotentin). Une population laborieuse qui vivait de la mer se rétracte. A l'inverse, les Grands Ports Maritimes, la Vallée de la Seine affichent un certain dynamisme. On peut donc dire que l'économie maritime (et fluviale) de la Normandie garde un certain pouvoir d'attraction et d'entraînement.

IV.- La montée en puissance des seniors est générale

Comme il n'y a qu'une seule C.R.A.M. pour toute la Normandie (de l'intérêt de l'unité normande et d'une vision globale), il est facile de mesurer la montée du troisième âge - prélude au quatrième âge ! - et du nombre de retraités. Présentement, ils sont 606 203 personnes. Ne sont pas comptés les pensionnés de l'Etat (fonctionnaires). C'est dire si cette population, d'autant plus croissante que la génération du baby-boom arrive à l'âge de la retraite et que l'espérance de vie augmente, va peser d'un poids considérable dans les années à venir. On estime le nombre de retraités supplémentaires à 45 000 par an. Si une bonne partie de ces retraités reste encore active durant une à deux décennies (mais active à quoi ?), on imagine fort bien ce que devront être les services à la personne dans quelques années. La C.R.A.M. fait d'ailleurs remarquer que, dans son fichier, on compte presque 500 centenaires (450 femmes, 42 hommes).

Que faut-il conclure de tout cela (et de bien d'autres précisions que nous donnent les statistiques) ? Que les études démographiques sont incontournables et fondamentales. Que le centre de gravité de la Normandie se situe plus à l'est qu'on ne le pense. Que la Normandie n'est plus attractive (le départ vers d'autres cieux de 4 000 jeunes diplômés tous les ans est une catastrophe, dont devraient répondre les dirigeants des deux régions-croupions !). Que la Normandie, province maritime, est une réalité qui change et qui se concentre dans la Basse-Seine. Que la « rurbanisation » fausse la vision statistique du rapport rural/urbain : la notion d'espaces urbains devraient l'emporter sur celle de villes, c'est-à-dire agglomérations dont la population est supérieure à 2000 habitants. Que la composition de la population change : la part des seniors ne cessant de grandir.

Les problèmes de la cité (la politique, au sens premier du terme) évoluent. Le Mouvement Normand n'est pas certain que les responsables en soient tout à fait conscients.


Pour le Directorat Noir (Problèmes de Société) du Mouvement Normand
Guillaume LENOIR



lundi 2 mars 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand N° 89 - semaine 9 - 2009

A propos des plaques discriminatoires d'immatriculation

Préalablement, le Mouvement Normand tient à faire savoir à tous ses corespondants que c'est VOLONTAIREMENT que notre communiqué de cette semaine ne porte pas sur les conclusions du Comité Balladur. Pour une raison bien simple : le rapport, quoi qu'en disent la Presse, toujours avide de sensationnel, et certains membres de l'opposition et du clan des des conservateurs, hostiles par principe, n'a pas encore été remis au Président de la République et n'est donc pas connu dans sa totale rédaction. Il est donc prématuré de se réjouir ou de déplorer sur ce qui pourrait y être dit ou préconisé sur le devenir de la Normandie. Veut-on citer deux exemples de l'absurdité des commentaires que l'on trouve ça et là ? On s'est focalisé sur l'hypothèse de la dislocation de la Picardie : on a confondu des déclarations de personnes auditionnées avec les conclusions du rapport Balladur. La question du rattachement de Poitou-Charentes à l'Aquitaine est du même tonneau, mais prend d'autant plus d'importance que Ségolène Royal est présidente de la dite région : il s'agit d'une suggestion de Jean-Pierre Raffarin, lors de son audition, nullement d'une préconisation formelle du comité sur la réforme des collectivités locales. Et puis, il n'y a pas que le problème du regroupement des régions : il importe de savoir ce qui est proposé comme réforme en matière de communautés de communes ou de spécificités concernant le rôle des départements. Bref, il est urgent d'attendre les vrais textes... surtout lorsque nous sommes sur le terrain depuis quarante ans (1969 - 2009).

Jusqu'à présent, mise à part une allusion dans L'Unité Normande sur l'opportunité très relative de changer le système d'immatriculation des véhicules, le Mouvement Normand avait observé avec amusement le déchaînement logorrhéique des défenseurs à tous crins de l'identité départementale. L'oukase ministériel vient de tomber : on veut nous imposer, outre les numéros des départements les affreux logos des pseudo-régions de « haute » et « basse » Normandie. Ce qui veut dire en clair que le Ministère de l'Intérieur (à moins que ce ne soit le Ministère de l'Ecologie et de l'Aménagement du Territoire) part sur l'idée d'une pérennité de l'actuelle division normande. En plein débat sur les conclusions à venir du Comité Balladur, cela fait un peu ringard ! Sans compter qu'il y a, pour le moins, un certain manque de cohérence et de logique dans le fait que la gendarmerie, depuis peu rattachée au Ministère de l'Intérieur, arbore sur ses uniformes, dans nos cinq départements normands, un écusson avec nos deux léopards(et ce, depuis très longtemps !) et que nous sommes sommés de nous trimballer en voiture avec des logos qui, à l'inverse des armoiries, se démoderont vite, car telle est la destinée de tous les logos... Peut-on se satisfaire de la moitié d'esnèque de la « basse »-Normandie ? Doit-on supporter l'hérésie héraldique du machin « haut »-normand (que nous avions dénoncée lors de son adoption en remplacement - déjà ! - d'un autre logo encore plus inepte...et coûteux. Car, il faut le savoir, la mini-région avait payé très cher la conception de ce symbole de la division normande).

Nous nous serions contentés des armoiries traditionnelles de la Normandie (les deux léopards d'or sur fond de gueules) et, même, nous aurions préféré le drapeau à double croix de Saint Olaf...

Ouvrons d'ailleurs une parenthèse : comment se fait-il que les Bretons puissent arborer le « gwenn ha du » - drapeau créé dans les années trente -, différent d'ailleurs du drapeau traditionnel breton, le « croas du » (croix noire - de sable - sur fond blanc - argent -) et symbole de l'emsav (mouvement breton), alors qu'on semble contester aux Normands une identification cohérente et reconnue ?

Deux poids, deux mesures ?

Pour une fois, les réactions de la classe politique semblent vives, même si quelques hurluberlus font semblant de se contenter des marques infâmantes de notre division.

Outre les deux Conseils Régionaux qui se satisfont de la promotion de leurs logos (mais Laurent Beauvais déclare cependant que les léopards lui semblent mieux identifiés et qu'il n'en ferait pas une maladie s'il fallait changer pour nos « cats »), le maire d'Argentan, Pierre Pavis, veut apparaître dans le vent : « Je suis respectueux du passé et des deux léopards normands, mais il ne faut pas être passéiste ( ?) »... A l'inverse, Anne d'Ornano, présidente du Conseil Général du Calvados, « trouve qu'un drapeau normand aurait été effectivement plus joli qu'un logo... Le plus important - poursuit-elle - c'est d'avoir réussi à préserver le numéro du département sur les futures plaques... ». Localisme, quand tu nous tiens ! Philippe Duron, maire de Caen, se défend : « On ne pouvait s'approprier le logo (sic !) de la Normandie, les léopards car il appartient à la fois à la Haute et à la Basse Normandie... Si un jour la Normandie est réunifiée, on pourra y songer » . En fait, l'ancien Président du Conseil Régional de « basse »-Normandie veut faire oublier qu'il avait fait demander par son assemblée l'utilisation du logo (là, le terme est adapté) de sa demi-région...

Cette affaire - qui ne nous paraît pas essentielle dans la mesure où nous espérons qu'elle ne sera pas pérennisée, mais qui, tout de même, relève du symbolique - est l'occasion de prises de position particulièrement intéressantes. Qu'on en juge : Philippe Gosselin, député UMP de la Manche, affirme : « L'histoire de la Normandie est une et, à l'image de la Bretagne, la Normandie doit s'afficher avec fierté avec son drapeau (i-e ses armoiries en fait. NDLR)... Cela ne résout pas la question de la réunification, mais je pense qu'on gagnerait en lisibilité ». Christophe de Balorre, vice-président UMP du Conseil Général de l'Orne, est encore plus catégorique : « Je suis favorable aux deux léopards. Pour une raison très simple, je soutiens depuis longtemps déjà longtemps la réunification de la Normandie. Nous sommes connus dans le monde sous l'appellation de Normandie. Pas de haute, ni de basse » . Voilà qui est bien dit !

« Ouest-France » (21 février 2009), dans lequel nous avons relevé ces déclarations, semble plutôt neutre dans cette affaire (bien qu'il ait titré en Une : « Drapeau normand ou logo régional » ; son confrère « La Presse de la Manche » (20 février 2009) prend plus nettement position : « Ni l'esnèque de la « basse » - Normandie, qui ne peut pas flotter puisqu'elle est amputée de sa poupe, ni la tête de lion du logo de la « haute »-Normandie, sans corps et qui regarde ailleurs vers... Paris et la Picardie, ne conviennent à Jean-François Le Grand, président du Conseil Général de la Manche, qui ne voudrait pas d'autre symbole que les deux léopards qui flottent unanimement du Mont-Saint-Michel au Tréport ».

Pour une fois, le Mouvement Normand ne peut que souscrire aux propos de l'élu de la Manche.

Pour terminer, nous voudrions faire comprendre qu'il convient d'être précis : les léopards, ce sont les armoiries de la Normandie, dont le drapeau est la double croix de Saint Olaf... Armoiries et drapeaux nous conviennent... Ce sont des symboles forts d'unité normande, et c'est, là, l'essentiel !


Pour le Directorat Pourpre (Culture et Identité) du Mouvement Normand
EMMA DAVESNE

Au nom de l'Association pour la Promotion de l'Héraldique Communale en Normandie
CLAUDE DELESTANG





P.S. : Nous profitons de la parution de ce communiqué pour faire la promotion du livre de Denis Joulain « L'EURE DES BLASONS. Armorial des communes du département de l'Eure » (Dessins de Jean-Paul Fernon, préface de Didier Patte), publié par les Editions d'Héligoland - B.P. 2 - 27290 Pont-Authou - au prix de 27 euros. (http://www.editions-heligoland.fr/Editions_dHeligoland/LA_BOUTIQUE/Entrees/2008/12/15_L_EURE_DES_BLASONS_ARMORIAL_DES_COMMUNES_DU_DEPARTEMENT_DE_L_EURE.html)

mercredi 25 février 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand - N° 88 - semaine 8 - 2009

Les fourriers de la réunification de la Normandie

Les fourriers dans la Grande Armée étaient ces officiers et sous-officiers qui préparaient l'arrivée des troupes dans leurs cantonnements. Par extension, et en langage soutenu, le mot désigne une personne ou une institution qui réunit les conditions de l'avènement d'une situation particulière ou d'exception. Les philosophes du XVIIIème siècle furent les fourriers de la révolution culturelle qui déboucha sur la révolution politique de 1789.
Sans doute dira-t-on, lorsque la Normandie sera réunifiée, que certaines publications furent les fourriers de la fusion des deux demi-régions normandes. Elles auront annoncé et lancé le mouvement d'unification en mettant en évidence les convergences fusionnelles, tout simplement parce qu'elles auront embrassé globalement la matière normande et se seront élevées au-dessus de tous les localismes mortifères qui blessent si grièvement la nature normande.

Peut-on avoir une compréhension de la Normandie sans en avoir une vision globale ?

C'est le « To be or not to be » de la question normande. C'est ce qui fait que les deux grands quotidiens qui se partagent la Normandie, « Ouest-France » et « Paris-Normandie » ne pourront jamais se prétendre des journaux véritablement normands puisqu'ils ont une conception hémiplégique et partielle de la Normandie. « Ouest-France » « ignore », sauf exceptions rares, la partie orientale de l'espace normand et « Paris-Normandie » en arrive même, à cause de son localisme invétéré, à fragmenter la « haute »-Normandie au point que Rouen ne sait plus rien du Havre et que Le Havre ne se sent pas concerné par l'Eure ou la ville où se concentrent - jacobinisme localiste récurrent - tous les pouvoirs. A telle enseigne que nombreux sont les Normands qui expriment leur lassitude devant le théâtre d'ombres s'agitant dans un triangle formé par l'Hôtel-Dieu (La Préfecture de Région), l'Hôtel du Département avec sa Tour des Archives (Le Conseil Général de la Seine-Maritime) et la Caserne Jeanne d'Arc (Siège du Conseil Régional de « Haute »-Normandie).

Mais revenons à nos fourriers de la réunification normande...

Tous les ans, la Chambre Régionale d'Agriculture de Normandie fait paraître son « Agriscopie de l'agriculture normande ». Nous en avons déjà fait état (cf le communiqué n° 7 - semaine 19 - 2007, intitulé « L'agriculture, l'élevage, la sylviculture, la pêche, les activités de transformations agro-alimentaires et agro-industrielles, fleurons de l'économie normande »). Nul doute, qu'en ces temps où la Normandie fait si bonne figure au Salon International de l'Agriculture de Paris, l'édition 2009 d'Agriscopie sera une plongée roborative dans ce qui confère une forte identité à la Normandie et ce, malgré la crise, notamment celle du lin... Lire et comparer les parutions annuelles d'Agriscopie constitue une approche complète, globale des évolutions du secteur primaire en Normandie.

La Normandie a beaucoup perdu en lisibilité de la division en deux directions régionales de l'INSEE (Nous nous souvenons des publications de couleur verte du temps pas si lointain où il n'y avait qu'UNE INSEE NORMANDE). Depuis la scission de cet organisme, on éprouve les plus grandes difficultés à compulser en même temps des études portant à la fois sur la « Haute » et la « Basse » Normandie. En disant cela, nous ne remettons pas en cause l'extraordinaire travail des spécialistes de l'INSEE : nous dénonçons seulement le fait que les deux directions de Caen et de Rouen ne fassent pas paraître au même moment, dans un même document, des études sur tel ou tel sujet. Le résultat, on le connaît : « Ouest-France » ne nous sert des statistiques que sur la seule « basse »-Normandie et, lorsqu'il y a comparaisons avec les statistiques des autres régions proches, nous avons droit à celles d'un Grand Ouest, réduit d'ailleurs à la Bretagne, aux Pays de la Loire et à la « Basse »-Normandie !

Heureusement, et cela fait vingt ans que cela dure, nous avons la ressource de consulter le « Guide Economique de la Normandie », édité par les Editions PTC.

Ce document, cet outil indispensable est réalisé avec l'appui du groupe bancaire CIC - BSD - CIN et par OPCALIA « Haute »-Normandie, avec la présence de ! 800 annonceurs qui, depuis vingt ans, n'ont pas ménagé leur soutien... Le Crédit Industriel de Normandie (Groupe CIC-BSD-CIN), on connaît, et son impact sur la Normandie est considérable. Cette banque privée a joué le jeu de l'enracinement régional ; en contribuant depuis le début à la publication du Guide Economique de Normandie, elle montre un chemin aux autres établissements bancaires et, qui sait ?, peut-être verrons-nous un jour la concrétisation du projet « Rouen, place bancaire » ? Opcalia Haute-Normandie (mais il y a une Délégation Basse-Normandie et le Guide propose toutes les adresses des antennes locales) est un organisme qui collecte et gère des fonds de la formation professionnelle. Son engagement dans le Guide Economique de Normandie marque sa volonté de trouver des solutions sur place.

Volontairement, nous insistons sur ces deux partenaires des Editions PTC (au passage, faisons savoir que le Guide Economique de Normandie a fait des petits en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Champagne-Ardennes : belles preuves d'une heureuse diffusion d'une idée et d'un savoir-faire a-priori normands), car nous sommes persuadés que c'est dans le monde économique que l'on comprend le mieux la problématique de la réunification de la Normandie et l'on pourrait trouver d'autres grandes entreprises altruistes pour appuyer des initiatives globales normandes, notamment au plan du mécénat culturel ou du soutien à l'attractivité touristique.

On ne peut résumer le Guide Economique 2009 : c'est la Normandie vivante en 448 pages, le vademecum pour tous ceux qui veulent connaître la Normandie : 5 départements, 3232 communes, 2700 organismes, 1900 entreprises, 11000 responsables, 2100 sites web. Derrière ces coups de clairon, il y a un travail de bénédictin de recherches, de compilations, de mises au point, de corrections éventuelles qui méritent tous les éloges à l'équipe rédactionnelle dirigée par Béatrice Picard.

Le Mouvement Normand ne peut que remercier les Editions PTC, dirigées par Jean-Marc Deverre, pour ce véritable acte de foi en la Normandie. Que tous les militants normands se procurent cet indispensable Guide : c'est une arme pour notre combat réunificateur !

Pour le Directorat Noir (Médias, problèmes de société) du Mouvement Normand
GUILLAUME LENOIR

samedi 21 février 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand - N° 87 - semaine 7 - 2009

La prudence, c'est toujours d'oser !

Le projet de création d'une Communauté Urbaine de Rouen semble connaître un coup d'arrêt momentané. Nous espérons que ce n'est pas définitif. C'est un sujet que le Mouvement Normand a déjà abordé (cf le communiqué n° 64 - semaine 29 - 2008, intitulé « L'ambition « normande » de Laurent Fabius »).

Avant d'analyser la situation, nous émettons les pétitions de principe suivantes :
1°- Tout ce qui concerne l'espace urbain de Rouen concerne tous les Normands.
2°- Il en est évidemment de même pour les « agglos » de Caen-La Mer et la CODAH (Communauté d'agglomération du Havre) ou la C.U.C. (Communauté Urbaine de Cherbourg) ou tout autre espace urbain normand...
3°- Que ce soit Laurent Fabius, président de l'actuelle « Agglo de Rouen », qui se présente comme le promoteur du projet de Communauté Urbaine de Rouen, ne constitue en rien - à nos yeux - un motif de réticences. Ceux qui s'opposent au projet se recrute aussi bien à Droite qu'à Gauche, avec certains Socialistes plus que réservés et des Communistes faisant la fine bouche. Le problème, pour le Mouvement Normand, est à replacer dans sa véritable dimension, qui ne peut être politicienne, mais bel et bien un enjeu d'aménagement du territoire.
4°- Nous sommes à la veille de la présentation du rapport de la Commission Balladur : il sera intéressant de voir si les « sages » se prononcent pour le regroupement des actuelles Communautés de Communes - trop petites pour être efficaces - et, donc, encouragent un mouvement national de créations d'entités territoriales plus vastes (regroupement de régions, créations de communautés urbaines, fusions de C.D.C.). Le Mouvement Normand, en tout cas, l'espère pour la Normandie, dont les convergences fusionnelles semblent évidentes, pour l'élargissement des « agglos » et des communautés urbaines, pour un échelon C.D.C. qui marque vraiment un désir de rupture avec les égoïsmes communaux, source d'impuissances et de « doublonnages » inutiles.
A titre d'exemple - et pour bien montrer que nous ne sommes pas obnubilés par le seul cas de Rouen -, nous estimons RIDICULE et CONTRE-PRODUCTIF que la C.D .C. d'Ouistreham ne soit pas rattachée à l'Agglo Caen - La Mer : la position d'André Ledran, maire P.S. d'Ouistreham, relève du caprice et de la caricature... Il y aurait aussi à dire de certaines communes des environs de Cherbourg refusant d'adhérer à la C.U.C..


VENONS-EN A NOTRE AFFAIRE

Peu après avoir accédé à la Présidence de l'actuelle « Agglo de Rouen », Laurent Fabius a émis le souhait de la transformer en communauté urbaine. Le but premier est d'atteindre une taille suffisante pour que la population concernée dépasse les 500 000 habitants et que la Communauté Urbaine de Rouen devienne « le premier territoire du Nord-Ouest » (Paris-Normandie, 10 janvier 2009).
Comment y parvenir ? Réunir dans une même entité, outre l'Agglo de Rouen (411453 hab.), la CDC Seine-Austreberthe (17692 hab.), celle du Trait-Yainville (6578 hab.), la Communauté d'Agglomération d'Elbeuf - Boucle de Seine (60000 hab.), la CASE - Communauté Seine-Eure (58062 hab.), la CDC Caux-Austreberthe (23525 hab.) - chiffres tirés de l'article de Paris-Normandie du 12 février dernier-.
Pour quoi faire ? Outre la puissance économique d'un tel ensemble, qui serait un élément primordial d'attractivité, l'objectif essentiel serait de développer, entre autres perspectives, un véritable réseau de transports collectifs à destination d'un bassin d'emplois tout à fait cohérent. Et puis 500 000 habitants, chiffre indispensable pour être pleinement une Communauté Urbaine, peut amener (mais ce ne peut être l'argument décisif, compte tenu du désargentement de l'Etat) une plus importante dotation de fonctionnement...


FABIUS A RAISON

Mais cela coince (cf Paris-Normandie, 22 novembre 2008). Les uns reprochent à l'ancien Premier Ministre sa précipitation, voire son dirigisme. On croirait entendre ceux qui critiquent la méthode Sarkozy pour faire des réformes... Les autres craignent d'être fondus dans la masse... C'est-à-dire d'être dominés par l'actuelle « Agglo de Rouen », mastodonte parmi les pygmées. « Faut pas s'emballer », dit le Président de la CDC Seine-Austreberthe, Patrick Simon. « Un tel projet ne se décrète pas par un homme seul » assure Gilbert Renard, maire de Boisguillaume. Jean-Marie Aline, président de la COMTRY (CDC du Trait-Yainville) redoute de perdre sa liberté d'action et craint une microcentralisation. Hubert Saint, maire de Saint-Martin de Boscherville affirme : « Nous aurons une représentation trop faible au sein de la communauté urbaine »... La litanie de réticences qui ne volent pas bien haut, même si elles ont la légitimité de l'appui d'un électorat timoré, explique finalement l'échec momentané du projet fabiusien.

Echec total ? Non ! Car si la Communauté Urbaine ne peut se faire, faute d'arriver au chiffre fatidique de 500 000 habitants, puisque la CDC Caux-Austreberthe dit carrément non et la CASE (Louviers - Val de Reuil) reste hésitante, il n'empêche que l'on s'achemine vers la « Grande Communauté d'Agglomération de Rouen », qui compterait tout de même quelque 495 000 habitants... Il est probable que Laurent Fabius compte, à la longue, récupérer les récalcitrants.


C'EST TOUT DE MÊME BEAUCOUP DE TEMPS PERDU !

Et si l'on posait le problème autrement ?

D'abord, nous espérons à la suite de la Commission, Balladur que certaines... telles que l'existence de la C.D.C. Seine-Bord (Canton de Pont de l'Arche... sans Pont de l'Arche, qui adhère à la CASE Louviers Val de Reuil) seront remises en cause : l'Etat a quelques moyens de pression financiers... Cela permettrait une continuité territoriale totale entre la CASE et l'ensemble Rouen-Elbeuf...

Mais nous suggérons - parce que c'est la logique d'une « rurbanisation » qu'il faut savoir maîtriser - que le Pays du Roumois (étymologiquement le Pays de Rouen !), regroupant les CDC de Routot-Bourg-Achard, Bourgtheroulde et Amfreville-la-Campagne, soit sollicité pour faire partie de la Communauté Urbaine de Rouen. La plupart des salariés du Roumois travaillent à Rouen ou à Elbeuf et il existe un véritable problème de moyens collectifs de transports entre le Roumois et la Vallée de la Seine... Laurent Fabius pourrait trouver, là, le supplément de population qui lui fait défaut.

Certes, il y a des obstacles, dont le premier est la limite départementale (Le Roumois, comme la CASE et la CDC Seine-Bord, se trouve dans l'Eure), mais qui peut nier - notamment à Evreux, au Conseil Général - que cette partie du département de l'Eure se trouve dans l'attraction de Rouen et d'Elbeuf ?

Certains objecteront du pseudo-caractère rural des trois cantons roumoisans concernés : sociologiquement, ce n'est plus la réalité, et il nous souvient qu'au Conseil Economique et Social de « haute »-Normandie un rapport sur le devenir des espaces urbains normands préconisait la notion de « villes-parcs », d'inspiration très nordique...

Nous pensons, très franchement, que, d'une part, les forêts qui entourent l'agglomération rouennaise sont les poumons verts de cet ensemble urbain, que, d'autre part, la gare de Thuit-Hébert (qui aurait besoin d'un sacré « lifting ») pourrait devenir un « hub » intermodal, qui soulagerait la Rive Gauche de la Seine et pourrait se connecter au carrefour des autoroutes A 13 et A 28. Utopie ? Une des devises du Mouvement Normand proclame, « L'utopie est le refus du renoncement » et nous ne renoncerons jamais dès lors que l'intérêt de la Normandie exigera des solutions audacieuses.

Il faut oser !


Didier PATTE
Président du Mouvement Normand

mercredi 11 février 2009

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand N° 86 - semaine 6 - 2009

Plan de relance en Normandie : le verre à moitié vide et le verre à moitié plein

Préalablement à un examen du Plan de relance en Normandie annoncé d'abord par le Premier Ministre, puis décliné ensuite par les Préfets des deux demi-régions normandes, nous voudrions vous faire part du dilemme devant lequel nous nous sommes trouvés : nous pouvions aller aux sources, c'est-à-dire sur les sites des Préfectures de Région, et répertorier les actions les unes après les autres ou nous pouvions recenser ce que la Presse en disait et ce sur quoi elle mettait l'accent. Nous avons délibérément choisi la seconde formule pour la rédaction de ce communiqué (sous-entendu, nous irons ensuite consulter le propos gouvernemental et préfectoral). Pourquoi ce parti-pris ? Parce qu'un communiqué du Mouvement Normand se veut aussi près que possible du ressenti des situations par les citoyens... et c'est quelquefois très différent des réalités. Il est toujours temps de corriger après les impressions bonnes ou mauvaises.

Or, en lisant ce que dit la Presse normande du Plan de relance, un constat saute aux yeux : il n'y a aucune vision globale et on touche, là, un des cauchemars majeurs de la Normandie : elle ne peut se connaître par la Presse régionale et locale car la partie occidentale est couverte par Ouest-France, la partie orientale par Paris-Normandie. Quant aux hebdomadaires, ils sont très localistes. Ajoutez à cela les diverses éditions des quotidiens (Saint-Lô ignore ce qui se passe à Alençon dans Ouest-France, Le Havre est traité à part dans Paris-Normandie). Et on s'étonnera après que le sentiment d'appartenance à une même entité territoriale, la Normandie, soit quelque peu estompé par un localisme sans perspectives !

En l'occurrence, Paris-Normandie (3 février 2009) dévoile une vision à peu près complète du Plan de relance en « Haute »-Normandie, tandis que Ouest-France (même date) nous offre un salmigondis plutôt indigent portant sur ...l'Ouest. Il faut donc consulter les autres journaux locaux (La Presse de la Manche, La Manche Libre, L'Orne Combattante, La Renaissance du Bessin) pour approcher de façon plus complète la réalité de ce Plan de relance pour la « Basse »-Normandie.

En quoi consiste le Plan de relance pour la Normandie ? Plus que des chiffres (70 millions d'euros pour la « Haute »-Normandie, un saupoudrage non chiffré pour la « Basse »-Normandie), il faut remarquer que la philosophie de ce Plan consiste, non pas à lancer de nouvelles opérations - sauf exceptions, nous y reviendrons -, mais à permettre une accélération des projets déjà prévus, notamment dans les Contrats de Projets Etat-Régions. Comme l'écrit Liberté de Normandie (5 février 2009) : « Le Plan de relance accélère les projets de la Région ». De son côté, le Président du Conseil Régional de « Haute »-Normandie, Alain Le Vern, confirme, en fulminant, qu'il mettra au bout et permettra ainsi la réalisation rapide des projets arrêtés. Grossièrement, on pourrait dire que le Plan de relance va faire gagner un an sur le calendrier prévu des réalisations. Il n'y a pas de quoi pavoiser, mais c'est toujours bon à prendre.

Que remarque-t-on dans les choix des projets soutenus par le Plan de relance ? Au plan des infrastructures, l'effort se porte davantage sur le routier que sur les autres modes de transports et communication : la RN 174 (Carentan - Le Poteau), la RN 27 (Rouen- Dieppe)), un peu de RN 12, de RN 13... c'est la traduction de ce que le Mouvement Normand avait préconisé dans un communiqué récent (N° 75 - semaine 46 - 2008 : « Le temps qui passe est la folle du logis de la raison »), dans lequel nous faisions observer qu'au vu de la défaillance du ferroviaire, il était urgent de terminer le réseau routier... Aussi n'est-il pas étonnant que les uns et les autres expriment des regrets sur le peu d'investissements prévus pour le ferroviaire (« Les trains oubliés », titre Ouest-France (5 février 2009). Remarquons seulement que l'Etat semble, ENFIN, s'intéresser à la liaison Serqueux - Gisors qui, si elle était réalisée, permettrait une voie de fret vers la région parisienne en partant des ports de la Basse-Seine et en évitant le tronçon encombré du Mantois .

Les Grands Ports Maritimes semblent bien dotés (7,5 millions d'euros pour Le Havre, 6 millions d'euros pour Rouen).

Tout le reste du Plan de relance se décline selon des chapitres très disparates - d'où cette impression de saupoudrage - vers l'habitat, la santé, l'Université, la justice (les palais de justice et les maisons d'arrêt) et le patrimoine : en « Basse »-Normandie, le bilan a été dressé (1,7 millions d'euros), en « Haute »-Normandie, le Bec-Hellouin, la Cathédrale de Rouen sont les projets emblématiques...

Si, effectivement, tous ces projets retenus et a-priori financés sont mis en chantier immédiatement, alors il s'agit bien d'un Plan de relance de l'activité, qui permettra d'enrayer l'effrayante montée du chômage (Le verre à moitié plein !). A l'inverse, nous voyons peu de projets innovants et structurants et nous partageons l'amertume du sénateur Nathalie Goulet (Orne Combattante du 5 février 2009) qui exprime sa déception, notamment pour le département de l'Orne. Mais que dit Nathalie Goulet ? « La Basse-Normandie et l'Orne en particulier sont bien mal traités, c'est difficile à comprendre lorsque l'on a des dossiers aussi importants que le Haras du Pin, les sous-traitants de l'automobile, le pôle universitaire de Damigni ou le pôle de plasturgie. La loi a été votée vendredi dernier par le Sénat, il faut croire à en lire le rapport que les autres départements ont travaillé beaucoup plus en amont et beaucoup plus tôt que nous. D'ailleurs, je n'ai pas souvenir, sauf erreur de ma part ou omission, que les Elus et les Présidents de toutes les intercommunalités aient été sollicités ensemble pour rendre une « copie départementale » susceptible de retenir l'attention du Ministre Devedjian. Il faut souhaiter qu'il y ait bientôt un autre plan de relance auquel tous les Elus ornais seront associés. »

Terrible constat ! Pour certains Elus (N'est-ce pas Alain Lambert ?). D'autres, même en maugréant (Mme d'Ornano, MM. Le Vern et Marie) « marchent au canon » et, bien qu'ils n'en aient pas l'intention politique, vont contribuer de façon décisive au Plan de relance. (Le verre à moitié vide que des collectivités territoriales vont essayer de remplir). Cela permettra peut-être de « surfer » sur la crise des années 2009 et 2010. Et après ?

L'inquiétude ne doit pas nous faire baisser les bras.



Pour le Directorat Brun (Economie et Social) du Mouvement Normand
Christian LAVERGNE

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