Le localisme, plaie des élections locales lorqu'il y a de véritables enjeux
Les
élections cantonales et municipales – comme toutes les consultations
électorales d'ailleurs – intéressent au plus haut point le Mouvement
Normand. Mais pas à la manière des états-majors parisiens qui, à chaque
fois, les interrogent, comme dans des boules de cristal, pour discerner
qui, de la Droite ou de la Gauche, l'emporte provisoirement.
Autrement dit, les soi-disant "enjeux" nationaux de ce type d'élections
nous indiffèrent. Le problème posé, c'est celui de la bonne gestion
d'une collectivité locale... à condition qu'elle soit suffisamment
pertinente pour permettre une authentique politique de développement.
Trente-six mille communes, ce n'est pas très pertinent : aussi est-ce
la capacité des futurs édiles des petites communes à savoir faire vivre
les Communautés de Communes qui devient le critère de choix des
militants régionalistes. Pour les communes plus importantes, c'est le
rôle que doit jouer la ville principale dans son contexte qui retiendra
notre attention.
Pour être concrets, nous donnerons deux exemples (parmi des dizaines
d'autres) : la commune de Brionne refusant de s'intégrer dans la C.D.C.
de Brionne, c'est une aberration dont il faut rendre responsable
l'équipe sortante. André Ledran, maire de Ouistreham, refusant,
d'entrer dans l'Agglo Caen-La-Mer, doit être sanctionné.
Il
faut tout faire pour que des rapprochements se concrétisent : le
localisme déplorable de certaines communes du Nord-Cotentin n'acceptant
pas le Grand Cherbourg est une sottise.
Chacun remarquera que le
Mouvement Normand ne se préoccupe aucunement en la matière de
l'appartenance politique des maires ou des municipalités évoquées : la
compétance se retrouve autant à Gauche qu'à Droite ou au Centre... Les
enjeux très locaux relèvent du bon sens, du dévouement et de
l'intégrité : on peut retrouver ces vertus civiques dans toutes les
tendances.
La question prend une autre dimension lorsqu'il s'agit des villes grandes et moyennes et de leurs agglomérations.
L'enjeu, là, relève de l'aménagement du territoire et le Mouvement
Normand réclame au préalable une volonté commune de la ville-centre et
des cités environnantes de travailler ensemble. Si pour l'agglomération
du Havre, la question ne se pose pas, en est-il de même à Caen et à
Rouen ? Il n'est pas dans notre intention de rechercher des
responsabilités dans les médiocres intégrations de Caen-La-Mer ou de
l'Agglo de Rouen : nous souhaitons seulement que les Agglos de ces
espaces urbains – mais aussi les autres Agglos de Normandie –
fonctionnent mieux, avec une synergie plus grande de toutes leurs
composantes.
Reste que pour les villes de Normandie-Métropole, et
aussi pour des villes comme Dieppe, Cherbourg, Alençon, Evreux,
Saint-Lô, etc., se pose la question du sens à donner au Réseau des
Villes Normandes et de leurs capacités à coopérer et à se partager les
fonctions, puisqu'aucune d'entre elles n'a la taille suffisante pour
jouer un rôle métropolitain analogue à celui de... Toulouse dans le
"désert" midi-pyrénéen.
Car
la grande caractéristique de l'urbanisation normande consiste justement
en un polycentrisme de villes importantes et de villes moyennes,
véritable chance à saisir pour un aménagement équilibré du territoire
normand.
Nous avons fait en son temps (cf. communiqué n° 24 - semaine 40 - 2007) la proposition – que nous savons lointaine – "Pour une hanse des espaces urbains normands",
ce qui montre qu'on ne peut nous reprocher de ne nous intéresser qu'au
triangle Caen - Rouen - Le Havre. Il faudra bien en débattre un jour...
Mais, présentement, parce qu'il s'agit d'une politique d'aménagement du
territoire préconisée par l'ex-DATAR, acceptée par les municipalités et
conseils d'Agglos concernés, la question est de savoir, auprès des
équipes qui se présentent au suffrage des électeurs, quelle approche
elles ont de l'ensemble de la Normandie, réunifiée ou profondément
entrée dans un processus de rapprochements et de coopérations...
M. Rufenacht (U.M.P.) au Havre, et, sans doute, M. Paul (P.C.), semblent parties prenantes de l'opération. M. Albertini (Majorité présidentielle), à Rouen, MM. Duron (P.S.) et Duncombe (Nouveau Centre), sont sur cette même ligne.
Il n'en est pas de même de Mmes Le Brethon (U.M.P.) et Fourneyron (P.S.).
La première, à Caen, a fait la preuve de son localisme le plus étroit
et de sa vindicte anti-unitaire normande. La seconde, en feignant
l'étonnement (« C'est une question que l'on ne m'a pas posée sur les marchés
»), montre à l'évidence qu'elle n'a pas pris la mesure du rôle que
Rouen et son agglomération – la première de Normandie – doivent jouer
dans l'ensemble normand.
Le localisme, porté à ce degré de mesquineries, de démagogie de "ménagères de plus de cinquante ans" et de manque de vision d'avenir, doit orienter les choix des électeurs normands.
Il
nous parait regrettable, d'autre part, que les élections cantonales
aient lieu le même jour que les élections municipales. Elles ne sont
pas de même nature. Elles n'ont pas le même objectif.
Cette
concomitance aurait pu se concevoir si les conseillers généraux, au
lieu d'être les élus des cantons, devenaient les présidents des
communautés de communes (ou de communes-cantons comme à
Isigny-le-Buat)... Dans ce cas, les élections cantonales, au lieu
d'être partielles, deviendraient générales et les conseils généraux
seraient en cohérence avec les municipalités... Ce n'est pas le cas :
il s'agit donc d'une opération électorale tout à fait différente des
élections municipales, dont les enjeux sont d'une autre nature.
Parmi ces enjeux, il en est un qui interpelle tout spécialement les régionalistes normands : il s'agit de la capacité de faire travailler ensemble conseils généraux et conseil régional.
Cette synergie est un gage d'efficacité en matière d'aménagement du
territoire régional. Ce n'est pas une vue de l'esprit, ni un vœu pieux.
La Normandie, dans sa partie orientale, avec le « 276 », a montré
l'exemple à toute la France.
Réussite politique
incontestable du Président Le Vern et de ses interlocuteurs
départementaux, MM. Marie et Destans, ses résultats sont prometteurs
puisque le Contrat de Projet Etat-Région se trouve plus que doublé dans
ses implications financières par le Contrat annexe « 276 » (27 l'Eure,
76 la Seine-Maritime)... Le Mouvement Normand souhaite que, quels que
soient les résultats des élections cantonales en « Haute »-Normandie,
le principe du « 276 » soit maintenu, voire approfondi. Ce disant, le
Mouvement Normand ne préconise pas une victoire de la Gauche dans les
deux départements « hauts »-normands (Ce n'est pas notre problème !),
il souhaite simplement qu'en cas de changement éventuel de majorité
dans l'Eure ou la Seine-Maritime, le « 276 » continue...
La Droite
doute qu'en une telle occurrence le Président du Conseil Régional ne
soit pas aussi enthousiaste pour poursuivre l'expérience. C'est un
procès d'intention et, jusqu'à un certain point, pour la clarté de la
démonstration et la valeur de l'exemple, il deviendrait tout à fait
intéressant de voir si cette « troïka » pourrait continuer à œuvrer
dans le même sens si l'un des trois était d'une autre écurie.
Ce
qui est valable pour la partie orientale de la Normandie devrait l'être
aussi pour les départements et la Région de la « Basse »-Normandie. Le
Mouvement Normand souhaiterait que les candidats à la présidence des
Conseils Généraux du Calvados, de l'Orne et de la Manche
s'expliquassent à ce sujet.
Le devenir de la Normandie se joue lors
des élections cantonales et municipales, comme il s'est joué lors des
élections régionales et législatives : il n'y a pas de petites
élections. Notre
exigence de régionalistes normands, c'est de mettre en avant TOUT et
TOUS CEUX pouvant œuvrer à une meilleure cohérence de la Normandie afin
de créer une synergie d'ensemble plus conquérante.
Pour conclure et résumer les mots d'ordre du Mouvement Normand :
- Voter pour ceux qui veulent encore plus de coopérations, voire de fusions intercommunales.
- Voter pour ceux qui veulent un renforcement des liens entre villes-centres et leurs Agglos.
- Voter
pour ceux qui veulent donner un contenu au Projet Métropolitain normand
(Caen - Le Havre - Rouen) et souhaitent des coopérations intercités à
l'échelon de toute la Normandie.
- Voter contre toutes les expressions de localisme imbécile.
Pour le Directorat Rouge du Mouvement Normand, Didier PATTE
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