Des conservateurs qui se donnent des allures de révolutionnaires
Les
élections municipales et cantonales de mars 2008 sont passées. Dix mois
après les élections présidentielles, neuf mois après les élections
législatives, elles montrent un étrange retournement de l'opinion. Pas
si étrange que cela d'ailleurs: ne pas oublier le score flatteur de
Ségolène Royal, qui était souvent majoritaire dans les villes, ni les
déconvenues du second tour pour la Droite en juin dernier... En fait,
depuis 1981, la France oscille entre deux grandes tendances, la Droite
et la Gauche (Ce n'est pas un "scoop"), disposant chacune d'un socle de
voix presque identique, les variations finales se produisant sur les
marges (Front National hier, Gauchistes et Modem aujourd'hui) ou par le
nombre des abstentionnistes. Il suffit du déplacement de quelques
centaines de milliers de voix et le corps électoral bascule. La
propagande ou la bonne ou mauvaise communication font le reste. La
France se cherche parce qu'elle maîtrise de moins en moins son destin
qui se joue ailleurs: mondialisation, Union Européenne, prix du pétrole
et des matières premières, turpitudes financières des banques – pas
seulement américaines, si vous voyez ce que je veux dire! – et dumping
économique des pays émergents... Bref, ce qui frappe l'observateur de
Sirius, c'est que la France est résolue, mais elle ne sait à quoi!
Qu'en est-il de la Normandie?
Elle
ne se distingue guère apparemment du reste de la France, avec,
cependant, une constante: une évolution vers la Gauche assez régulière
depuis le coup de tonnerre de 1981 où, souvenons-nous, François
Mitterrand avait été majoritaire en voix dans l'ensemble de la
Normandie. Évidemment cela était plus marqué dans les villes, mais
justement la population urbaine l'emportait déjà en nombre sur le monde
rural. C'était donc un changement sociologique et démographique. Le
phénomène, depuis, s'est amplifié et explique les résultats
d'aujourd'hui. Un politologue a écrit que la « Basse » -Normandie
connaissait avec retard le syndrome breton du passage à Gauche. Sans
doute cela confère-t-il au socialisme « bas » -normand une tonalité
différente du socialisme « haut » -normand, plus héritier de la
tradition industrielle lourde de la Basse-Seine. Beau sujet d'étude
pour les sociologues!
En ce qui concerne la Cause Normande, cela
met en lumière le peu d'importance des mauvaises raisons invoquées,
soit à Droite, soit à Gauche, pour justifier l'inertie ou la méfiance
dès lors que le problème de la réunification de la Normandie est posé.
Nous allons, tour à tour, évoquer quelques unes de ces mauvaises raisons excipées par les tenants de l'immobilisme.
- L’opposition entre la « Haute » -Normandie industrielle et urbaine et la « Basse » -Normandie agricole et rurale... Idiotie, puisque, hors vallée de la Basse-Seine et ses industries lourdes – en décroissance numérique –, la "Haute"-Normandie présente une ruralité semblable à celle de la "Basse » -Normandie ; puisque la "Basse » -Normandie peut se targuer d'avoir un secteur industriel, plus diffus, mais, aussi, de pointe, se complétant souvent avec les industries « haut »-normandes (Plasturgie, automobile, etc.)...
- L'opposition entre la « Haute »-Normandie de Gauche et la « Basse » -Normandie de Droite. Argument utilisé tour à tour par la Droite et par la Gauche pour refuser les rapprochements. On voit ce qu'il en est.
- Le poids de la dette de la « Haute »-Normandie qu'aurait eu à payer la « Basse » -Normandie en cas de réunification. Argument cher à la bande à Garrec en 2004 pour faire peur aux électeurs, réduit à néant en quelques années par les seules capacités d'autofinancement dégagées par la gestion Le Vern.
- Le poids écrasant de Port 2000 déchaînant les craintes irraisonnées d'une Brigitte Le Brethon incapable de comprendre que la logistique induite des ports de la Basse-Seine pouvait contribuer largement au développement des platesformes dédiées de Caen, Mézidon, Saint-Lô ou Vire.
Toutes
ces mauvaises raisons – et tant d'autres –, que pèsent-elles en face
des réalités? Des convergences fusionnelles? Des rapprochements
productifs? Des coopérations sans cesse plus approfondies?
On en trouvera d'autres, de ces mauvaises raisons, qui sont autant d'insultes à l'intelligence. Que
ceux qui, à partir d'aujourd'hui, sont en charge du devenir de la
Normandie sachent faire gagner du temps au temps en n'invoquant pas
d'autres nouvelles mauvaises raisons : ils rendront service aux
Normands. Ils se rendront service car, comme nous l'avons toujours
soutenu, ceux qui sauront procéder à la nécessaire réunification de la
Normandie resteront aux commandes pour plusieurs décennies...
par Guillaume LENOIR
















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