AVERTISSEMENT La Commission Exécutive du Mouvement Normand
Les
communiqués hebdomadaires du Mouvement Normand sont... plus que des
communiqués. Ils ont une vocation pédagogique et doctrinale. Ils
précisent les positions du Mouvement Normand sur les problèmes du
moment, au fur et à mesure où ils se présentent.
A la demande de nos
correspondants, internautes ou responsables de communication, il a été
décidé par la Commission Exécutive du Mouvement Normand, réunie le 18
avril dernier, d'une part, de continuer la publication de ces points de
vue relativement charpentés et référencés, d'autre part, de les faire
précéder d'un court résumé, où l'on retrouverait, outre l'exposé
succinct du thème abordé, les mots-clefs ou les phrases lapidaires qui
condensent la démonstration. Cela en facilitera le classement.
Puisque
nous allons vers la parution du centième communiqué hebdomadaire du
Mouvement Normand, il a été décidé de rassembler ces textes dans une
publication, présentée et commentée, où l'on retrouvera, en tête de
chaque communiqué le court résumé du thème évoqué et les fameux
mots-clefs pour en faciliter le classement.
Il en sera ainsi à chaque centaine de communiqués hebdomadaires du Mouvement Normand.
RESUME DU COMMUNIQUE N° 95
Culture
et tourisme ont partie liée, notamment avec le territoire. Pour le
Mouvement Normand, le territoire, c'est la Normandie dans son ensemble
dans la diversité des Pays normands. La coopération des différents
acteurs et financeurs de la culture et du tourisme permet une bonne
structuration de l'offre dans ces deux secteurs de l'économie. La crise
est une chance, tant pour la culture que pour le tourisme, à condition
que l'on sache tirer du territoire normand les potentialités de
l'immense héritage qu'il nous offre.
MOTS-CLEFS : CULTURE - TOURISME - TERRITOIRE - PAYS - HERITAGE - CRISE - ENRACINEMENT
L'ENRACINEMENT, VALEUR PRIMORDIALE
AU PLAN CULTUREL EN MATIERE TOURISTIQUE
Une
réflexion revient souvent : les industries culturelle et touristique ne
sont pas « délocalisables ». On pourrait en discuter - ne va-t-on pas «
délocaliser » le Louvre à Lens et à ...Abu - Dhabi ? -, mais ce que
veut dire le bon sens commun, c'est que la culture, même si elle
prétend à l'universalisme, ne peut s'affranchir de son passé et de son
terroir d'origine, et que le tourisme, s'il propose une face centrifuge
(offrir à ses clients toutes les destinations du monde), tend à
ramener, de façon centripète, ses activités vers les territoires.
S'appuyant sur le patrimoine, les héritages monumentaux, paysagers,
littéraires, artistiques, les activités culturelles et touristiques ont
des liens tellement forts avec les territoires qu'on doit en constater
l'enracinement et, de ce fait, considérer cet enracinement comme une
valeur primordiale au plan culturel et en matière touristique.
On
peut affirmer avec Philippe Chaudat, ethnologue au CNRS, qu' « il y a
territoire parce qu'il y a culture et se demander également s'il y a
culture parce qu'il y a territoire ». En tout cas, si soixante-dix
millions de touristes étrangers viennent, chaque année, en France, il
paraît évident que l'attractivité du territoire français s'explique
autant par la beauté et la variété des paysages que par la profusion
patrimoniale et la culture vivante qui en émane. Variété, profusion...
Ce pourrait être un couple anarchisant s'il n'y avait la fidélité et
l'ordonnance du territoire, immuable, où « tout change et rien n'amende
».
Le territoire qui joue ainsi un rôle déterminant n'est pas,
aux yeux du Mouvement Normand, un simple espace géographique, la
portion d'un tout. Le territoire, c'est la Normandie, toute la
Normandie, dans la diversité des Pays normands. L'ensemble (la
Normandie) et les parties (les Pays normands) provoquent la dialectique
féconde de la culture et du tourisme normands. On sort de la théorie,
on entre dans le concret. Justement, nous y sommes invités par les
excellentes publications de plaquettes touristico-culturelles mises à
notre disposition par le Comité Régional du Tourisme, les différents
Comités Départementaux et co-financés par l'Etat (Ministère du
Tourisme), l'Europe (par le truchement du PARDER), les Conseils
Régionaux de « Haute » et de « Basse »-Normandie. Pour l'instant, il
n'y a que 19 pays d'accueil touristiques illustrés par ces excellentes
plaquettes. Mois après mois, cependant, tous les pays normands se
voient ainsi magnifiés et invitent à la promenade intelligente.
Se
pose d'ailleurs un problème, presque institutionnel : il y a une quasi
concordance entre le pays d'accueil touristique et le « pays - espace
de projet », que semble bouder les responsables politiques et,
notamment, le Comité Balladur sur la réforme des collectivités locales.
La pertinence du pays n'est-elle pas démontrée au plan culturel et
touristique ?
Quoi qu'il en soit, le territoire normand offre une large palette d'occurrences culturelles et touristiques.
Au
plan historique, la Normandie gallo-romaine (Gisacum - Vieil-Evreux,
Areguna - Vieux, Juliobona - Lillebonne) le dispute aux forteresses
médiévales de la frontière franco-normandes (Arques, Gisors,
Château-Gaillard...) ou aux Abbayes, puis au « blanc manteau » des
églises et cathédrales romanes et gothiques. Des « thèmes » historiques
nous sont proposés : Guillaume le Conquérant, la Bataille de Normandie,
la fin tragique de l'épopée johannique. Nos livres sont des livres
d'histoire et d'architecture, allant du Moyen Age jusqu'au XXe siècle
(Le Havre, classé par l'UNESCO).
Au plan littéraire, les maisons et
les routes d'écrivains attirent les amateurs. Et la Normandie en est
particulièrement riche ! La vogue des bains de mer s'est lancée sur nos
côtes : Côte d'Albâtre, Cote Fleurie, Côte de Nacre, côtes du Cotentin.
Sommes-nous seulement dans la vocation touristique quand Proust à
Cabourg ou les personnalités de Honfleur immortalisent la côte normande
? Que dire de l'Impressionnisme, que dire des Parcs et Jardins,
coïncidences de la nature et de l'art, ou, encore, du monde du cheval,
école de maîtrise et de maintien ? Même la riche gastronomie normande
contribue à la dimension culturelle de la Normandie : quatre A.O.C. de
fromages, c'est plus qu'un savoir-faire ! Lorsque Edouard Herriot
chante « La Forêt Normande », lorsqu'on exalte le travail des hommes en
évoquant le riche passé industriel, minier et textile, ou le présent de
son industrie du verre ou du flaconnage, lorsqu'on présente fièrement
les ouvrages d'art comme le Pont de Normandie ou le Pont - Levant
Gustave Flaubert ou encore le gigantesque chantier de Port 2000,
quelles sont les limites entre la culture et le tourisme ? Et quel
dénominateur commun entre les deux, sinon le territoire normand et les
hommes et les femmes qui y ont habité et qui y habitent ?
En ces
temps de crise où le vagabondage planétaire superficiel n'est plus de
bon aloi, c'est l'approfondissement, la recherche de sens et de
cohérence, le couple nature / culture qui redeviennent à l'ordre du
jour. L'heure de la Normandie a sonné. Redécouvrons-la dans toutes ses
facettes : elle est plus riche, plus surprenante, plus exotique, plus
belle qu'on ne le croit...
Pour les directorats pourpre (culture - identité)
et brun (économie du tourisme) du Mouvement Normand
Guillaume LENOIR
















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