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COMMUNIQUE HEBDOMADAIRE DU MOUVEMENT NORMAND N° 36 - Semaine 52 - 2007
La spoliation de la Normandie continue avec la complicité active de la S.N.C.F. et la passivité méprisante de l'État, consternante de nos élus
Vous connaissez la technique du voleur chinois ? Tous les jours, de façon insensible mais toujours dans le même sens, notre petit Chinois déplace l'objet qu'il convoite jusqu'au moment où il peut sans difficulté le faire disparaître... Ainsi font nos voisins d'outre Couesnon avec le Mont-Saint-Michel, qu'ils guignent depuis des siècles... Cet été, une opération médiatique dans le domaine de l'immobilier montrait, dans "Le Figaro" et dans "Paris-Match" la merveille de l'Occident comme symbole de la Bretagne ; à l'aire des Gouvets, sur l'A 84, on fait l'article sur les hauts lieux bretons, mais, en réciproque, on ne trouve aucune halte correspondante dans la péninsule armoricaine ; les ostréiculteurs de la Baie du Mont-Saint-Michel, tous installés sur le rivage breton, obtiennent une A.O.C. - certainement méritée, mais pas plus que la production huîtrière de la côte ouest du Cotentin - et, cerise sur le gâteau, se parent de l'appellation "Huîtres du Mont-Saint-Michel"... On pourrait multiplier les exemples de cet impérialisme insidieux de nos voisins... et déplorer, dans le même temps, que nos Élus et nos Collectivités ne réagissent pas devant cette spoliation feutrée et insistante.
Est-il nécessaire de rappeler que le Mont-Saint-Michel est l'un des monuments les plus visités de France ? Il y a quelques jours, devant le Club Rotary d'Argentan, nous évoquions - entre autres sujets concernant la géostratégie de la Normandie - les perspectives exceptionnelles de développement du tourisme asiatique en Europe et les centaines de milliers de Chinois qui viendraient en France visiter Paris, puis le Mont-Saint-Michel... L'un des participants, tout d'un coup, s'insurgea : "Comment se fait-il que l'accès ferroviaire à destination du Mont-Saint-Michel doive se faire par Rennes et Dol-de-Bretagne alors qu'il existe une ligne plus courte Paris-Granville, d'où un embranchement vers Pontorson existe déjà ?".
L'affaire ne nous avait pas échappé : il était bon qu'un Argentenais s'en fit aussi la réflexion puisqu'il était directement concerné par le scandale de la ligne Paris-Granville, laissée en déshérence par la S.N.C.F. (malgré de lourds investissements consentis par les collectivités normandes). Le 27 novembre dernier, "Ouest-France", dans un petit entrefilet paru - comble de cynisme - dans la page Normandie, nous apprenait donc que l'accès au Mont-Saint-Michel se ferait par Dol-de-Bretagne en 2012... Deux jours plus tard, le même journal relatait la protestation de M. Georges CORNIER, vice-président du C.E.S.R. de "Basse"-Normandie, qui estimait indispensable la mise aux normes de Paris-Granville et le renforcement de l'embranchement Folligny-Pontorson pour desservir le Mont par la Normandie...
À notre connaissance, c'est le seul commentaire officiel à propos de ce mauvais coup porté au tourisme normand par cette déshérence organisée de notre réseau ferré... La seule ? Pas tout à fait : le député-maire de Vire, Jean-Yves Cousin, a le 13 décembre dernier déploré que la ligne Paris-Granville ne soit pas électrifiée (entre Dreux et Granville).
Le Mouvement Normand appelle donc les Élus normands monter au créneau. Cela concerne les deux demi-régions (le sud de l'Eure est - mal - desservi par cette ligne qui n'intéresse pas vraiment la S.N.C.F). Il faut son électrification et améliorer ses raccordements aux lignes Caen-Tours et Caen-Rennes, l'objectif étant d'assurer une desserte ferroviaire exemplaire à destination du Mont-Saint-Michel, plus de trois millions de visiteurs par an aujourd'hui. Combien demain ? Il faut que la notoriété du Mont-Saint-Michel profite à la Normandie).
Nous en appelons aussi à tous les Normands : la spoliation organisée de la Normandie, cela suffit !
Pour le Directorat Orange du Mouvement Normand, Robert LEVASSEUR
Pour le Directorat Rouge du Mouvement Normand, Guillaume LENOIR